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Une nouvelle page se tourne dans le petit monde cinématographique rémois qui a déjà perdu en moins d'un demi siècle la totalité de ses cinémas de quartier: le cinéma Gaumont centre-ville fermera ses portes le 28 mars prochain.

L'occasion de rappeler quelques pages d'histoire de ce site qui a accueilli notamment des bals, des opérettes  et du cinéma muet sous l'enseigne du "Palais rémois";  des cinéphiles mais aussi les plus grandes vedettes de la chanson française quand il s'apppelait "l'Empire"; des millions de spectateurs et des dizaines de grands réalisateurs sous le label Gaumont.

Ballets roses dans le Palais Rémois

 

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A l'origine du  Gaumont centre ville, au 72 Place Drouet d'Erlon, il y a eu "Le Palais rémois " de 1922 à 1929, un lieu prestigieux doté d'une salle de 1.600 places où l'on organisait des spectacles de théâtre, des bals et des séances de cinéma. Dans ce lieu feutré aux lourdes tentures de velours, les Rémois ont ainsi pu applaudir les opérettes "Phi Phi", "Pas sur la bouche" ou d'autres spectacles proposés par les fameuses tournées Baret. En matière cinématographique, c'était le règne du cinéma muet avec les "Charlot" bien sûr, mais aussi la diffusion des "Misérables", "Les deux orphelins" ou "chasseur d'Islande". Des films, énormes bandes de celluloïd hautement inflammables qui défilaient devant un arc électrique. L'opérateur Lucien Bertaux devait se méfier de la combution possible de ces films, voire des explosions en cas de non vigilance... 

Haut lieu des belles soirées rémoises, le "Palais Rémois"disposait aussi d'un bar à l'étage prolongé d'un discret salon où des nymphettes stimulaient les sens de vieux viscieux rémois. Tant et tant que l'affaire fit les beaux jours de la presse locale lors d'un retentissant procès.

"L'Empire" de 1929 à février 1973

 

On remarquera l'élégance du personnelCinema empire gaumont019

C'est en 1929 que "Le Palais rémois"devient officiellement "l'Empire". Il est inauguré officiellement en Octobre 1929 par son  premier directeur  M.Hiliard avec le film "Ombres blanches" dans une salle qui a un peu modifié sa jauge à 1.340 places. On y diffusera encore longtemps des films muets car "les films sonores américains n'étaient pas encore assez au point." Alors, pour l'animation, mieux qu' au Palais Rémois, il y avait là quinze musiciens dans la salle sous la baguette d'André Petiot, avec des solos en mini récital à l'entracte. Véritablement propriété des Gaumont en 1930,  l'établissement va diffuser des milliers de films mais aussi accueillir de nombreux concerts comme celui de Jacques Brel en 1955 (notre photo, Gilbert Bécaud en 1960 (notre photo), Charles Aznavour  en 1961, Tino Rossi, Dalida, Piaf  

1960 Reims et la môme Piaf: une longue histoire d'amour - 50 ans de vie rémoise (1950-2000)

17 décembre 1960. "Reims, c'est ma ville porte-chance. En 1944, j'y ai fait une boum lors d'un gala après la Libération. "Depuis, à trois reprises le public que l'on prétend sévère m'a fait trois succés. Admettez que je lui devais bien ma rentrée."

http://reimshistoires.canalblog.com

 

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Concert Brel en mars 1955.                        Gilbert Bécaud en novembre 1960

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"La Traversée de Paris" à l'affiche de l'Empire en 1956

Si le directeur Jean Billon, fort de bons résultats est nommé au Gaumont Palace de Paris, l'établissement se modernise en proposant un an plus tard avec M. George une nouvelle cabine de projection 70mm.

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A l'époque Reims comptait encore de nombreux cinémas de quartiers.

 

L'Empire devient Gaumont 1, 2, 3 en 1973 ...

Concurrence oblige, l'établissement doit se transformer. Au terme de cinq mois de travaux dirigés notamment par Georges Peynet, avec la réalisation de 3 salles de respectivement 700, 300 et 250 places, la restauration de la façade , la mise en place de sorties indépendantes, l'Empire inauguré officiellement en juin 1973 prend un nouveau nom de baptême et devient le Gaumont 1, 2, 3.

Si les derniers galas organisés en 1973 voient passer Michel Delpech, Stone et Charden, l'activité cinématographique connaît un franc succès avec pendant de nombreuses années la diffusion de trois films permanents de 14 heures à minuit.

... et crée en 1975 le Gaumont 4, 5, 6 juste en face au 53, Place d'Erlon

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Les vieux Rémois s'en souviennent sans doute. Afin, toujours, sans l'avouer, d'éteindre la concurrence (Marlène et Robert Lesenne avaient créé juste à côté de la galerie de L'Etape Le Lion d'Or et Le Lionceau) , les Gaumont rachètent en 1975 l'Accin situé  au 53, Place Drouet d'Erlon et créé en 1937 par Robert Sirault, président des commerçants du  Centre rémois dans une quincaillerie de la Place. Il s'agissait d'un petit ciné d'une centaine de places où le passionné Rémois se plaisait à présenter notamment des films sur lesquels il fixait sur la pellicule et sonorisait les principaux événements rémois sous le titre: "les actualités rémoises". On y voyait aussi les actualités de la Fox ou de Pathé.

Les Gaumont transforment l'établissement, y créent trois salles de 110, 90 et 80 places et le rebaptisent en Gaumont 4, 5, 6.

Investissements réguliers et animations

En 1986, pour 6 millions de francs, sous la houlette du directeur Roland Douriaux, les Gaumont 1,2,3 créent 4 nouvelles salles et font passer sa jauge à 1.808 fauteuils, faisant de l'établissement le plus grand cinéma du département. Cerise sur le gâteau le cinéma se dote d'appareils de diffusion 70 mm magnétiques.

 

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Présentation étonnante des "Dents de la mer "en janvier 1976. "Moonraker en visite à Reims en octobre 1979

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Coupure de presse de l'union

 

Enfin, en 1993, comme pour fêter la rénovation de la Place d'Erlon, les Gaumont investissent 15 millions de francs dans leur établissement du coeur de ville dirigé par Sylvain Lazare. Ravalement de la façade, aménagement de cinq salles pour les handicapés, mise en place d'un grand écran de 17 m de largeur sur 9 mètres de hauteur, le cinéma tout beau, qui compte 14 salariés est inauguré par Nicolas Seydoux en personne avec la diffusion du film de Gérard Oury : "la soif de l'or".La même année les Gaumont font la une de la presse en présentant en avant-première le film de Claude Berry: "Germinal" avec en prime la reconstitution d'une émeute de mineurs.

 

En 2.000 un multiplexe Gaumont à Thillois

Soignant leur  politique d'expansion, les Gaumont font fort en l'an 2000 en remportant de haute lutte leur combat contre la concurrence.En effet, à partir de 1997, trois projets de cinéma géants fleurirent sur Reims et son agglomération.

Face à face, trois projets. L'un, soutenu par l'équipe Falala-N'Guyen était porté par le groupe Bert avec la réalisation d'un multiplexe de 15 salles pour 2.000 places à La Neuvillette. Un investissement annoncé de 200MF (30M€)

-l'autre soutenu par la commune de Cormontreuil qui devait comprendre 12 salles réalisé par le groupe anglo saxon Village Road Show ;

-le troisième porté par les Gaumont (avec un accord Opéra)proposait de réaliser  sur la future Zac de Thillois  et avec le concours du District de Gueux un multiplexe de 15 salles pour 300MF (45M€). 

C'est ce dernier projet qui a finalement été adopté.

 

Le 28 mars 2017 clap de fin pour les Gaumont en centre ville de Reims

 

 

Gaumont quitte le centre-ville de Reims

Le cinéma Gaumont quitte le centre-ville de Reims ! Mais que les fans de grand écran se rassurent, il y aura encore un grand cinéma. Le Gaumont est racheté par le propriétaire de l'Opéra, qui va en faire un multiplexe flambant neuf.

https://www.francebleu.fr

 

Du changement pour les cinémas rémois ! - France 3 Grand Est

Le propriétaire du cinéma indépendant Opéra va racheter les locaux du Gaumont centre-ville pour y créer un multiplexe de onze salles, dont cinq diffuseraient des films d'art et d'essai. De son côté, le cinéma Gaumont de Thillois va proposer une nouvelle salle avec un écran Imax laser.

http://france3-regions.francetvinfo.fr

 

 Dossier réalisé par ALAIN MOYAT