Absent de Reims hier, j'ai appris avec peine le décès de l'ancien maire de Reims Jean-Louis Schneiter. L'occasion de republier l'entretien qu'il m'avait accordé pour l'union

 

jl schneiter

l’union.-Qu’est ce qui vous a fait vous engager en politique?
Jean-Louis Schneiter: J’ai été président de la Jeune Chambre économique. J’ai été repéré en 1971 par le député maire jean Taittinger qui m’a demandé de venir sur sa liste. En 1973 je suis devenu adjoint à l’urbanisme et aux affaires économiques. Si j’ai été député UDF, je n’ai jamais eu d’engagement partisan dans le sens ou je n’ai jamais aimé la tutelle ou suivre la discipline d’un parti. J’ai toujours conservé une plage de liberté sur les grands sujets.

l’union.-Votre père vous a t-il servi de modèle?

JLS: J’ai le souvenir d’un homme pollitique engagé humaniste et carismatique. Il était parmi les premiers européens avec Robert Schuman. Il était en 1946 haut commissaire aux affaires allemandes, quand la France a occupé l’Allemagne. l’alter égo militaire de celui qui devint le maréchal Koenig. Il a négocié certains traités et avait comme collaborateur principal un certain Michel Debré. Il a toujours été aux affaires humaines puisqu’il a été représentant spécial du conseil de l’Europe pour les personnes déplacées (migrants).
Je fais tout pour que la cohésion sociale et ethnique existent et comme m’y a entrainé Serge Kochman, je fais tout pour qu’on ait les meilleurs rapports avec le monde  mulsuman.


l’union.-Vos modèles en politique?

JLS: Pierre Pflimlin, président du conseil, ancien maire de Strasbourg et Robert Schuman. Je suis les vieux fondements du MRP, je suis très centriste dans l’âme.


l’union.-Votre plus grand regret en politique?

JLS: avoir raté l’opération tramway il y a 12 ans. Je n’ai pas démissionné car il faut savoir avaler des couleuvres en politique pour rester sur le front. Les
regrets aujourd’hui: c’est d’être noyé dans les procédures. A chaque fois qu’on lance un projet on sait qu’il faudra obligatoirement cinq à six ans compte tenu des procédures. Ca freine l’action.


l’union.-Qu’et ce qui vous a fait le plus mal en politique?


JLS: D’être battu comme député en 1983 à cause d’un mauvais report de voix à droite au second tour. On a perdu 5% des voix.


l’union.-L’adversaire politique que vous respectez le plus?


JLS: Claude Lamblin et Adeline Hazan, , une femme très bien, même si je ne souhaite pas qu’elle devienne maire de Reims, mais c’est autre chose.


l’union.-Qu’est ce qui vous ferait abandonner la politique?

 

JLS: l’âge ou la défaite. Pour les prochaines municipales rien n’est fixé. Tout dépendra des législatives et de la présidentielle.


l’union.-Votre meilleur souvenir de jeunesse?


JLS: La Libération; J’avais 1 ans. J‘ai vu arrivé les Américains à la ferme de Vrilly ils ont campé le long
fu canal. Mon père est devenu sous-préfet. Reims était en liesse.


l’union.-Quel métier auriez vous voulu faire?


JLS: Je n’ai pas fait beaucoup d’études. Je dis que j’ai le bac + 52 ans. J’ai été courtier en vin de champagne car le cabinet existait. Sinon je serai peut-être resté à l’armée. J’étais bien. Je suis rentrée d’Algérie en 1958 et j’étais capitaine.  


l’union.-Votre chanteur préféré?
JLS: Brassens et Brel. Chez les femmes, Dalida car elle était ma conscrite. Elle est née le même jour que moi le 17 janvier 1933.


l’union.-Votre acteur préféré?
JLS: Michel Bouquet.


l’union.-Votre film préféré?
JLS: «Il était une fois dans l’Ouest». Je suis très western.


l’union. Votre auteur préféré?


JLS: Wodehouse, un humoriste anglais de première classe. Jean D’Ormesson aussi.


l’union.-Votre plat préféré?

Les plats roboratifs: le cassoulet, les pâtes, la bouillaibaise. Le plat que je sais mieux le faire: l’estoufade de gigot d’agneau.


l’union.-Votre vin préféré?


JLS: le champagne (mais je ne citerai pas de marques. Le Bordeaux aussi.


l’union.-Votre sport préféré?

Le tennnis que j’ai pratique et la bicyclette que je pratique toujours en
vacances.


l’union.-Qu’aimeriez vous qu’on dise de vous à votre mort?

JLS: Que j’ai bien rempli ma mission.

Propos recueillis par Alain Moyat