Au moment des municipales le projet de tramway était sur de bons rails. Plus pour longtemps

Dans une ville où la gauche fait globalement toujours de bons scores, l'équipe unie Falala-Schneiter présente un bon bilan avant les municipales. Mais cette fois cinq listes sont en présence.

 

 "C'est toujours moi qui fait le plein de voix à droite." Dès juin 1986, le député-maire Jean Falala affiche ses prétentions en annonçant la construction d'un deuxième complexe sportif (Les Églantines), un parking à Buirette et l'extension de... René-Tys. 

 

Il faut attendre la fin mars 1988 pour voir le tandem Falala-Schneiter reconstitué après tout de même quelques infidélités (législatives-régionales de 1986).

A la tête d'une équipe baptisée " Ensemble continuons " composée à parité de RPR, UDF, CNI et de socio-professionnels, les deux hommes mettent en avant " le redressement financier de la ville et les charges fiscales limitées;  la venue à Reims d'une centaine d'entreprises avec la création d'environ 700 emplois par an;  la réalisation de 23 restaurants scolaires et  de onze terrains de foot." Dans la ville les projets ne manquent pas: on parle de la réalisation d'un tramway qui desservira en site propre 19 stations sur 7,4 km;  du démarrage du Boulevard des Tondeurs; d'un palais des congrès sur les halles qui a déjà fait couler beaucoup d'encre. Le dispositif REMI doit enfin régler les problèmes de circulation. Jean Falala y ajoute un projet de Conservatoire, un effort pour l'accueil et le tourisme, la poursuite de la réhabilitation des quartiers où 210MF (32M€)  ont déjà été investis pour 3.000 logements à Wilson et Orgeval. L'opposition n'a pas le même enthousiasme.

 

"Sortir Reims de sa léthargie"

 

François Letzgus, candidat PS

Épaulé par Jean-Claude Laval, et par le Dr Adnet pour les négociations qui n'aboutiront pas avec les communistes, le socialiste François Letzgus propose de redonner la parole aux Rémois. " Les six années Falala, c'est un retour de dix ans en arrière " argumente t-il en dénonçant la gestion secrète de la mairie, l'absence de concertation avec la population. " Reims doit sortir de son complexe de sous-préfecture. Il faut sortir Reims de la léthargie dans laquelle elle vit sous la coupe de dynasties et de petits groupes d'intérêt. "

Candidat officiel du PS dès le début décembre 1988 il aligne les critiques:" L'équipe Falala soutient l'école privée, le POD: plan d'organisation des déplacements ( ndr: de Jean-Claude Thomas)est en fait  un Piège Organisé de déplacement." d'ailleurs fortement contesté par les commerçants du bas de la rue de Vesle. Faisant suite aux propos de promoteurs privés qui estiment que " le district est une chasse gardée des promoteurs et aménageurs publics" . François Letzgus demande même la démission du maire pour d'autres problèmes d'urbanisme. L'un touche à l'indemnisation des équipes qui ont planché sur le dossier du palais des congrès;  l'autre fait suite à l'annulation par le Tribunal administratif du permis de construire de la résidence servant aux logements des étudiants de l'ESC: "  un projet défendu par une association dont le fils du maire était vice-président." 

 

" Falala a tout cassé" 

 

D'accord en novembre 1988 pour conduire une liste d'Union de la gauche, mais surtout pas avec le label " majorité présidentielle" le communiste Claude Lamblin accuse Falala d'avoir " tout cassé durant six ans; d'être responsable de l'extension de la misère." Pas moins. Le rapprochement avec le PS n'ayant pas été possible, l'ancien maire entouré de syndicalistes et de candidats pour " une vraie politique de gauche " part à la bataille en promettant le transport gratuit pour les personnes en difficultés, plus d'aide sociale, plus de logements sociaux. Il annonce une guerre contre les spéculateurs et veut " que les maisons de champagne investissent sur place" 

 

Des petits nouveaux

 

Deux listes et des têtes nouvelles apparaissent dans le paysage rémois. François Legrand à la tête d'une équipe baptisée " Reims écologie " promet une meilleure qualité de vie avec plus de rues piétonnes, un parking à la gare, des pistes cyclables et la surveillance des industries polluantes. Jean-Michel La Rosa (Front national)présente de son côté " une vraie liste de droite " . Son programme: " assurer la sécurité des rémois avec des commissariats 24h/24" , la réhabilitation de Croix-Rouge avec des possibilités d'accession à la propriété, uniquement pour les citoyens français." 

 

  

Facile victoire de la liste Falala -Schneiter

Jean Falala candidat de la liste "Ensemble continuons"Jean-Louis schneiter associé à Jean Falala

 

Les 95.758 électeurs invités à élire la nouvelle équipe municipale ne se bousculent pas aux urnes le dimanche 12 mars 1989. La participation: 59,31% est la plus faible depuis 1959. Face à une gauche divisée, l'équipe sortante et unie sur la liste " Ensemble continuons " conduite par Jean Falala et Jean-Louis Schneiter en profite.

Claude Lamblin, maire sortant pCF, grand battu de cette élection

Ce sont surtout les voix des quartiers de Châtillons et Croix-Rouge qui ont fait défaut. Malgré la présence de quatre listes l'équipe de Jean Falala obtient la majorité absolue dès le premier tour. Avec 54,63% des voix elle enlève 47 des 59 sièges à pourvoir. Les socialistes totalisent 19,79% des voix (6 sièges), les communistes 12,58% (3sièges), François Legrand 6,79% (2 sièges) et Jean-Marie La Rosa 6,22% (1 siège)." Ma reconnaissance va aux rémois " commente Jean Falala. " Mes concitoyens ont été sensibles au travail accompli." François Letgus (PS)peut être déçu. Son équipe a perdu près de 4 points par rapport à  l'élection de 1983 dans une ville qui a pourtant voté à 57% pour François Mitterrand aux présidentielles de 1988. Et de se justifier " Reims Écologie nous a pris des voix . Le parti communiste a fait un mauvais résultat... (ndr :  lui a perdu 6 points par rapport à 1983) 

Une formalité

En doyenne et en habituée, Marie-Thérèse Mennesson préside la réunion du conseil municipal du vendredi 17 mars organisée pour l'élection du maire.Malgré l'évidence du vote du 12 mars il y a quatre candidats pour le poste. Jean Falala présenté par Schneiter; Letzgus par Walker, Lamblin par Delaître et Deghmous par Legrand. Bien entendu le candidat RPR-UDF fait le plein des voix. Il est élu au premier tour.

Falala II résume son credo. " A la croisée de cinq axes routiers, Reims doit jouer la carte de la modernité en devenant une ville de congrès avec le parc des expos et un centre descongrès.[...]L'essor économique de la cité s'opérera sous l'impulsion coordonnée de l'entreprise, la Recherche et de l'Université. [...]L'opposition a un rôle à jouer, celui d'un acteur d'une assemblée qui délibère " .

Le message est entendu. Les communistes refusent de prendre part au vote de quatorze adjoints: Jean-Louis Schneiter, Jean-Marie Beaupuy, Serge Kochman, Thérèse Guérin, Frédéric Payen, Maurice Cayette, Guy Grosjean, Jean-Michel Vernier, Jeanine Lapie, Françoise Yger, Jacques Vuibert, Christian Brut, Gabrielle Nguyen et Christiane Jubert.

 Alain MOYAT