15 août 1981.-Elle a été successivement gardienne de la Sainte Ampoule, havre de paix pour les moines bénédictins,  transformée en caserne à la Révolution, en hôpital militaire  puis  en hôpital civil. Construite aux environs du IXe siècle, redessinée au XIIe, elle a été victime d’un incendie en 1776 et  détruite par les bombardements en 1914-1918.

Reconstruite et devenue grâce à l’opiniâtreté d’Henri Deneux, architecte des Bâtiments de France et du maire Charles Roche annexe lapidaire du musée des Beaux-Arts,  elle a été le berceau de la Faculté de droit et de médecine. En ce mois d’août 1981,  l’ancienne abbaye royale Saint Remi  est à la fête. Après treize années de travaux conduits par le service des monuments historiques et financés par l’Etat et la ville, l’établissement officialisé en Musée en 1978 ouvre  enfin sa première salle consacrée aux armes anciennes des XVIe et XIXe siècle.

Le cloître romano-gothique découvert en 1953 par le gardien du musée

Accompagné par Marx Bouxin, jeune conservateur,  et M.Pieron, secrétaire général de la préfecture, le maire Claude Lamblin découvre les vitrines: les premiers mousquets, un  mousqueton à mèche de l’unité d’élite de Louis XIV, un pistolet de cavalerie de la Révolution, un sabre de chasseur à cheval de la garde impériale de Napoléon, d’autre magnifiques pièces léguées pour beaucoup d’entre elles par Vauthier, armurier de Vitry-le-François. Tout le monde s'extasia autour de la remarquable maquette d’une frégate « Concorde », celle qui força plusieurs fois le blocus imposé par les britanniques. « Je souhaite que ce musée soit à la disposition de tous. Un balisage permettra aux touristes de trouver facilement Saint-Remi et d’ores et déjà des visites scolaires sont prévues. »

 1978-1995: un colossal travail muséographique

 Dès l’arrivée de l’arrêté ministériel officialisant la création du musée Saint-Remi, le musée lapidaire et historique ferme ses portes. Commence alors un important travail d’inventaire pour classer, répertorier plus de 35.000 objets.  Un partage s’effectue en liaison avec le musée Saint-Denis (aujourd’hui musée des Beaux-Arts). Le musée Saint Remi conserve les pièces relevant de la période de la préhistoire à celle de la Renaissance plus l’histoire militaire. Exploitant la remarquable architecture de l’abbaye, valorisant chaque mètre car de l’établissement  enfin chauffé et remis aux normes électriques, Marx Bouxin et son équipe entreprennent une superbe travail muséographique qui durera jusqu’en1995 .

  Et aujourd’hui au gré de la visite, le public a mille occasions de s’émerveiller. Le  sarcophage de Jovin, général en chef des armées romaine en Gaule rappellera l’époque où les Rems collaboraient avec l’occupant.... les imposantes tapisseries de cinq mètres de hauteur retraçant la vie de Saint-Remi seront une invitation à aller découvrir la basilique toute proche. Blottis pour l’éternité dans des fenêtres reconstituées un joueur de flûte et de tambourin, , un joueur de cornemuse,  un autre de viole et de harpe et un auditeur, cinq superbes statues qui ornaient la façade de la maison des Ménétriers (l’actuelle Demeure des comtes de Champagne rue du Tambour)montreront la volonté des hommes à conserver les belles choses. Déposées en janvier 1918, comme une prémonition avant les terribles bombardement qui détruiront à 80 % la ville, les statues avaient été cachées et protégées au Trocadéro à Paris. Etonnant non!

Peut-être moins surprenant toutefois que la découverte dans l’abbaye Saint Remi du cloître romano-gothique un certain vendredi 13 novembre 1953 par le gardien du musée

Alain MOYAT 

Marc Bouxin, mémoire des Rhémois depuis 25 ans

8005 - marc bouxin

 Embauché par Jean Taittinger, nommé conservateur du musée Saint-Remi par Claude Lamblin, confirmé par Jean Falala;  le rémois Marc Bouxin prend plaisir depuis un quart de siècle à bonifier le patrimoine culturel de la ville.

été engagé par Jean Taittinger en septembre 1976 pour prendre en compte les bâtiments de l'ancien collège des Jésuites transformé pendant un temps par l'hôpital en hospice Museux. Un immeuble contenant des joyaux: une bibliothèque de 1680, un escalier monumental et des oeuvres superbes, propriétés de l'hôpital. En novembre 1976, on inaugurait la première exposition temporaire sur la sculpture romane rémoise. 

Changement de maire. De 1980 à 1983 des travaux sont menés sur le bâtiment: toiture, clocher, façade extérieure, cour et jardin. Des expositions sont menées avec les services de la ville, sur "les orchidées " ,le " 50e anniversaire de la Libération. "  Suite au succès d'une exposition sur un planétarium à la Maison de la Culture, Claude Lamblin décide de doter Reims d'un tel équipement pédagogique. Avec le concours de M.Simonet, le spectacle "Etoiles des rois mages " est un succès. En 1995 l'ancien collège passe sous la coupe de la direction du service culturel de la ville.  

Conservateur du musée Saint-Rémi

Août 1978: le musée Saint-Remi, anciennement annexe lapidaire du Musée des Beaux-Arts est officiellement créé au Journal officiel. Marc Bouxin en devient le conservateur." Il n'y avait que trois salles, sans éclairage." En liaison avec Robert Vassas, architecte en chef des Monuments historiques et la ville, il mène un programme de restauration. Objectif: la création d'un musée à partir des collections dispersées " dont il n'existait qu'un inventaire sommaire. " Jusqu'en 1984 un important programme de travaux est conduit.

De 1984 à 1995, ouvertures du cloître, de la salle des tapisseries, de nombreuses salles à thème: gothique, mérovingienne, histoire militaire, préhistoire, proto-histoire. 

"En 1988 le Conseil de l'Europe a classé le musée Saint-Rémi parmi les cinquante plus belles réalisations muséographiques européennes. Fin 1991 le musée-abbaye avec sa salle capitulaire et tout ce qui symbolise les cérémonies des sacres des rois a été classé patrimoine mondial. C'est dommage que ce label soit sous-exploité. " Reste à effectuer des travaux sur la façade, l'escalier du perron, l'aile sur la cour, créer une salle d'exposition temporaire et de conférence.

Conservateur muséographique du Fort de la Pompelle dont les collections appartenant à la ville ont  été confiées en 1998 à uneassociation de gestion, Marc Bouxin a une idée .

" Bombardé cinq ans le fort, demi ruine n'est pas conçu pour abriter un musée. Il faudrait en faire un Mémorial. Le montrer tel qu'il était." La mission de Marc Bouxin ne s'arrête pas là. Le conservateur s'attaque aujourd'hui à revoir, " dans le respect du site proprement dit " la thématique de la salle de Redditionsalle capitulaire est sous-exploité.

A.M