Le 15 avril 1981 Claude Lamblin inaugure le parking

Réunions passionnées, débats virulents, la réalisation du parking et des logements Jadart a opposé violemment durant 5 ans le maire communiste Claude Lamblin à ses alliés socialistes de mars 1977. 

 Des communistes applaudis par les commerçants du centre-ville en février 1978, des socialistes qui quittent une réunion de conseil cinq mois plus tard;  s'il est un dossier qui a sérieusement empoisonné les relations entre les élus communistes et leurs alliées (PS, PSU), entre mars 1977 et mai 1982, c'est bien celui de la réalisation de l'ensemble immobilier Jadart (parking et logement). 

Le projet initial modifié

Hérité de la municipalité Taittinger, le dossier est pourtant  vite enterré... façon  de parler.

L'équipe de Gilles Rasselet, adjoint (PCF) à l'urbanisme, en liaison avec l'architecte Jean-Claude Delorme, transforme le projet originel de parking en silo en un parking souterrain de 565 places surmonté d'un complexe immobilier de six niveaux comprenant entre autre 64 logements sociaux. 

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L'idée des communistes est simple. La création d'un parking " pièce maîtresse du plan de circulation " , complétée par la mise en place de couloirs spécifiques pour les bus, de rues piétonnes et de logements proches du centre doit permettre de revitaliser le centre-ville. Les commerçants et la chambre de commerce applaudissent.

Les socialistes relayés par le PSU, la CFDT et le groupe des Amis de la Terre toussent, protestent. Hubert Carpentier (PS), président de la commission circulation le rappelle le 1 juin 1978. Les socialistes sont plutôt favorables à la réalisation de parkings en périphérie reliés au centre par les bus.  M.Médioni persifle et qualifie le projet de " trou à milliards" . On passe au vote. Par 23 voix pour (18 PCF, 2 MRG et 2 non inscrits) le projet est adopté. Les 18 socialistes et les 2 PSU votent contre.

Deux mois plus tard, les socialistes harcelés par le PCF au sein du district qu'ils président n'ont pas digéré la pilule. Le 11 juillet, Jean-Claude Laval n'y va pas par quatre chemins. Il affirme: " Si l'Union de la gauche implique une solidarité de gestion, elle n'est pas synonyme de partage des erreurs. " Le socialiste s'étonne du doublement en 15 jours des frais d'études pour le projet. Il accuse: " Je ne voudrais pas savoir qu'une partie de l'argent des Rémois serve au financement occulte d'un parti lorsqu'on sait les liens privilégiés qui unissent Berim au PC." Gilles Rasselet qualifie la déclaration " d'irresponsable " . Les socialistes quittent la réunion. Ce ne sont pas les premières frictions. En effet, en octobre 1977 déjà, au cours d'une soirée où ils avaient reproché au maire " d'abuser de son pouvoir" pour embaucher sans en référer à l'adjoint concerné, les socialistes avaient été " punis" . Les communistes n'avaient finalement pas accepté de partager à 14 les indemnités d'adjoints prévues pour dix.

Mécontents les socialistes votèrent contre le budget supplémentaire finalement adopté avec les voix du PC, des radicaux et de deux non inscrits. 

Harcélement et fatalité

Tandis que les archéologues découvrent des traces d'occupation gallo-romaines sur le site, le "collectif anti Jadart " mise sur l'étude d'impact et l'enquête publique pour tuer le projet. On trouve pêle-mêle ligués contre le PCF:  des cédétistes, des socialistes, des membres de la LCR, du comité populaire anti-capitaliste, de l'union des communistes de France marxistes léninistes, de la CSCV etc.

Le 4 avril 1979 l'avant projet est adopté par 23 voix contre 19. Coût du parking annoncé: 19,4MF avec les équipements. Manque de chance, si le permis de construire pour le parking est adopté, celui de la partie élevée ne l'est pas. Nouvelle polémique avec le PS. 

Les travaux commencent enfin en septembre. Ils  doivent s'arrêter fin novembre: les murs de l'ancienne brasserie Gambier, friche industrielle appartenant à Saint-Jacques menacent la sécurité des ouvriers. 

Le 15 avril 1981, le maire Claude Lamblin peut inaugurer la " partie enterrée " : le parking de 565 places (dont huit pour les handicapés) doté d'ascenseur, de caméras vidéo etc. Les invités sont aussi conviés à découvrir le chantier du gros oeuvre de la superstructure qui aura six niveaux, des logements, une salle municipale, un restaurant d'entreprise.

Presque un an plus tard jour pour jour toute la " partie visible " est inaugurée à son tour. La décision de la réaliser n'a tenu qu'à un fil :  la voix prépondérante du maire lors du conseil municipal.

Mais les socialistes sont... au premier rang. " Nous étions d'acord pour le parking pas pour les logements sociaux" expliquait  en l'an 2000 le socialiste François Letzgus.

L'ensemble, peut-on lire dans l'union a coûté 51,6 MF (7,8M€)  dont 23,6MF (3,6M€) pour le parking. Un chiffre contesté dès son élection par Jean Falala.

"Nous avons fait dans le centre en cinq ans plus qu'il n'a été fait depuis la Libération"assure Claude Lamblin.

Au même moment à la CCI on piochait dur sur un projet de parking rue Buirette.

 Alain MOYAT