1971: Adieu à la dernière loco à vapeur

 

Photo de famille devant un monument: la R 141 R 416 en partance pour Chaumont

Janvier 1971.-Comme tous les cheminots du dépôt, le mécanicien Lartilleux et le chauffeur Turpin ont la gorge serrée. La loco halète avec la régularité d'un métronome. La 141 R 416, dernière locomotive à vapeur de la cavalerie rémoise s'arrache pour rejoindre la gare de Chaumont, "dernier bastion à vapeur " de la région.

Et dire qu'il y en avait eu jusqu'à une centaine dans la cité rémoise. Surtout des Pacific 231 B GK qui assuraient les voyages longue distance. Des machines construites pour la première fois aux Etats-Unis en 1946 et accusant 108 tonnes sur la balance. 

Dans leurs larmes remplies de poussières de charbon, les deux hommes se souviennent du bon vieux temps où ils prenaient plaisir à apprivoiser, à dompter tous les matins, cette maudite "bête humaine" dure à la tâche. Comme eux.

C'était il y a longtemps déjà. La ligne était électrifiée depuis le 18 mai 1962 et la dernière loco vapeur avait transporté ses derniers voyageurs le 10 décembre 1964. Comme une fleur. Après avoir déjà parcouru trente fois le tour de la terre.

Alain MOYAT

 

1972 Des vitraux de Brigitte Simon pour la cathédrale

7202 - vitraux

Avril 1972.-Réalisés " dans un style de conception moderne, mais fidèles aux grisailles des XIIe et XIIIe" les vitraux rénovés par Brigitte Simon sont présentés dans l'atelier Simon-Charles Marcq et bénis par Mgr Maury.Fruits de la première opération de "civisme d'entreprise" mis en place par la fondation Singer Plignac travaillant en liaison avec Patrimoine artistique et historique de France " au profit de la société des Amis de la cathédrale,  ces oeuvres d'art ont ensuite pris place dans le transept Sud de la cathédrale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1974 Les premiers Mirage F 1 sont livrés à la Ba 112

Ministre des Armées, maire de Troyes, Robert Galley a inspecté les premiers mirages livrés en Champagne

Janvier 1974.-Vitesse de croisière: mach 0,95, vitesse maxi en palier: mach 2,2, montée à 36.000 pieds en 3 minutes, premier avion de combat doté d'un pilote automatique, les quatorze premiers Mirages F1 sortis des ateliers de Mérignac sont livrés à la 30e escadre de chasse tout temps de la Base aérienne 112 de Reims. 

Pour l'occasion, le ministre des Armées Robert Galley, accompagné de M.Vallère, PDG de chez Dassault-Bréguet, du général Grigault, chef d'Etat-major des Armées et de dix généraux de l'armée de l'air inspecte les appareils en suivant les explications du colonel Cannac, commandant la base..

Créée en 1928, vingt années après le <saut de puce >du pilote Farman effectué à 71 km/h entre Mourmelon et Reims, la BA 112 joue en 1974 avec ses Mirage III E (qui avaient remplacé les F 84 américains livrés en 1955) un rôle important dans le dispositif militaire aérien.

 Créée à Tours en 1953 et transférée à Reims en mars 1961, la 30e escadre comporte deux fameux escadrons: le 2/3 Normandie-Yémen et l'escadron 3/30 Lorraine qui recevra à son tour quelques mois plus tard une quinzaine de Mirage F1. depuis 1962, la BA 112 accueille aussi la 62e escadre de transport aérien.

Gendarmes du ciel

Dotés d'un radar puissant, d'une conduite de tir qui " permet l'attaque d'objectifs aériens , par tout temps, au canon Defa 553  à l'aide de missiles air-air, à la lance roquettes ou avec six à huit bombes de 400 kilos" les Mirage FI sont appelés " les gendarmes du ciel." Leurs missions, entre autres: la dissuasion et l'intervention outre-Mer.

" Le mirage F1 " explique le ministre " digne successeur du Mirage FIII E, apporte de notables performances. Il vole plus vite, plus loin, possède une plus grande autonomie, utilise des pistes plus courtes, offre une plus grande maniabilité et enfin dispose d'une puissance de feu accrue. Ces hautes performances lui permettront de remplir les missions qui sont les siennes, au premier rang desquelles figurent la maîtrise du ciel. " 

Alain MOYAT

 

1975 Saint-Nicolas retrouve les bateliers

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Décembre 1975.-Une tradition vieille de 18 siècles renaît à Reims à l'initiative de l'infatigable Père Gosselet, de la délégation régionale de l'entraide sociale batelière. En équilibre (instable)sur un canot à moteur, Saint-Nicolas, qui, en 270 , avait évité le naufrage de bateliers en perdition qui invoquaient son nom, fait la tournée des mariniers. Distribuant bonbons et Saint-Nicolas en pain d'épice, il visite plus de 90 péniches stationnées dans le port et à proximité.

 

1975 Le refuge de Saint-Léonard ferme ses portes

7406 - refuge

Juin 1975.-Mme Louise Dreux, présidente de l'Association rémoise des amis des bêtes et son comité ont pris la décision. Le refuge de Saint-Léonard, c'est fini. Un nouveau refuge va être installé, non pas près des Eaux-Vannes, comme la ville le proposait, mais sur un terrain de 12.000 mètres carré , route de Dormans à Ormes. La ville a octroyé 300.000F de subvention et sur place il existe déjà deux grands bÉtiments qui avaient servi " à accueillir des travailleurs migrants " . Un troisième bâtiment avec 59 boxes. Le nouveau refuge baptisé par la presse " hôtel à chiens " aura une capacité d'accueil de 130 chiens et 50 chats. Les animaux auront autre chose qu'un tonneau pour s'abriter.

A.M.

 

 

 

 

 

 

1975 Cinéma: l'Ac'cin se métamorphose en Gaumont IV,V,VI

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Juillet 1975.-Ouvert en 1937 dans une quincaillerie de la Place d'Erlon à l'initiative de Robert Sirault qui y diffusait " Les actualités rémoises" , des Walt-Disney, puis des films en continu : le cinéma Ac'cin tire son rideau en diffusant le film interprété par la jolie Jean Seberg " Le grand délire " .

L'établissement à l'origine appelé " Cin'ac", vite obligé de retourner  ses cinq lettres pour ne pas être confondu avec le " Cineac"  parisien, a vécu. 

Racheté depuis l'après guerre par Gaumont, le cinoche de 180 places dont une trentaine de strapontins va subir un sérieux lifting. Gilles Debetz, directeur des Gaumont I, II et III envisage d'y installer trois salles : une de 110 fauteuils, une de 90 et une de 80 pour y diffuser des fils Art et essai, des films en version originale et d'autres en continu.

Rebaptisé Gaumont IV, V et VI, les nouvelles salles ouvrent le 1 octobre. Au programme notamment: " Parfum de femme " de Dino Risi et " Il faut vivre dangereusement " avec Annie Girardot. 

Alain MOYAT

 

 

 

 

 

 

1975 Chaude inauguration du Foyer le Phare

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Avril 1975.-Abrités au départ dans deux bâtiments Bd des Phéniciens depuis 1972, le Foyer le Phare qui est passé de 80 à 400 adhérents inaugure son superbe local au pied de la tour des Argonautes. L'accueil n'est pas celui prévu. A l'initiative du PCF, des manifestants protestent " contre la charge des impôts "demandent " une révision du mode de calcul des impôts locaux. "

Le maire Jean Taittinger est accueilli par M.Gonsalez, président du foyer, Richard Gorrière le directeur. On entend au loin la musique d'une fanfare qui elle, proteste " contre l'arrêt du contrat qui liait la ville à la fédération des Maisons de jeunes " .

Les manifestants ont gâché la fête. Le maire s'éclipse. Mais il a fait l'essentiel. Fournir un bel équipement aux rémois du quartier.

 

 

 

 

1975 Un mur en écailles de béton pour les remblais de l'autoroute

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Aout 1975.-Les 8,5 km d'autoroute urbain (A4)entre Tinqueux et Cormontreuil sont en pleine construction. Les rémois voient apparaître à proximité de la rue Clovis-Chézel de drôles de murs avec des écailles de béton juxtaposées et accrochées à de grandes armatures plates. Il ne s'agit pas d'écran pare-sons comme le croient beaucoup, mais de murs de soutènement dits de " terre-armée"  qui sur 540 m vont s'accrocher solidement aux remblais dont elles absorbent les déformations sur le terrain meuble. Cette portion urbaine ouverte progressivement à partir du 10 juin 1976 a coûté 175 MF  (26,7M€) dont 85% financés par l'Etat. Le ministre Robert Galley l'inaugure le 12 juillet: les cinq échangeurs sont en service.

L'autoroute Taittinger

Voulu par Jean Taittinger qui avait imposé son tracé pour assurer d'abord une très bonne desserte de Reims et de Châlons-sur-Marne et par ailleurs le décongestionnement de l'Avenue de Laon, l'Avenue de Paris et la RN 44, l'autoroute A4,- nom de code "Aline" -, décidée en mai 1970 fut réalisée totalement en 4 ans et 2 mois.

" Il n'était pas question non plus de rééditer l'erreur commise avec le chemin de fer un peu plus d'un siècle plus tôt où Reims fut relégué sur une voie de garage. " 

De mars 1973 à Novembre 1976 plus de 10.000 personnes s'activèrent sous la responsabilité de la société Autoroute de Paris Est Lorraine (Apel)sur les 315,629 km qui relient Paris à l'Allemagne. 

Plus de 31 millions de mètres cube de terre ont été bougés, 175 ponts réalisés dont 145 sur des routes, 9,8 millions de tonnes de matériaux utilisés, 120.000 m˛de béton, 8.000 tonnes d'acier. Alors que le km d'autoroute pour la Paris-Lyon avait coûté 2,5MF, il est revenu à 7,5MF ( 1,1M€) pour l'A4.

Alain MOYAT