Le temps des copains

1987.-Artistes, poètes ou rêveurs, de plus en plus de Rémois n'ont qu'une envie: " sortir la ville de sa réputation de froideur et de sa torpeur culturelle" explique Jean-Marc Devavry aujourd'hui musicien au sein de l'harmonie du IIIe canton, à la batterie-fanfare de l'harmonie et à l'harmonie SNCF-Magenta.

Le hasard, le courage et la détermination  font le reste en cette année 1987. Habitués à se produire ensemble depuis deux ans, depuis " les rencontres du Xe type" impulsées par Paul Etienne à Saint-Ex et relayées par une fanzine du même nom les groupes rémois s'autoconditionnent pour aller plus loin encore. " Un jour un certain Jean-Michel Vignot a poussé la porte d'une grande maison désaffectée, promise à la démolition, et toute proche du taxidermiste au 39 rue du Jard. Nous l'avons squattée tout de suite. Nous nous sommes constitués en association: "Écoute voir" et bien fait comprendre à la ville et à l'organisme locataire propriétaire que nous ne bougerions pas. Après une série de tractations, ils ont bien vu qu'on voulait créer quelque chose à Reims. Ils nous ont proposé pour le franc symbolique l'usine de jantes désaffectée au 115, rue Lesage. on avait décroché la timbale."

 La suite: toute une bande de copains et copines, artistes rêveurs ou raveurs ont squatté l'endroit. " Pas toujours facile à cause des prises de bec, mais ce qui nous unissait était le plus fort." 

 Pub dans les médias locaux, sur 93 FM au Chemin-Vert, la bande tente d'organiser et de finaliser de projets. Pas facile. Rien n'était aux normes de sécurité, et le toit une passoire.

A la façon de Romain Bouteille ils montent deux spectacles de café-théâtre dans la cour. Constitués en " Baladins de Reims" ils montent même des sortes de numéros de cirque ambulant jusqu'à Cumières. 

 Vite dépassés par des difficultés d'organisation les Baladins ont laissé la place aux gens d'Azimut projection qui disposaient du " hang'Art" . " Ils se sont démenés autant pour arranger les choses avec les riverains que pour produire des concerts dans des conditions de sécurité raisonnables" 

 L'Usine était née avec Michel Jovanovic et Alain Boucheron qui ont su jusqu'à aujourd'hui animer le site avec une cinquantaine de concerts par an et un festival " Octob'rock" où se sont produits produisent les plus grandes formations.

 Une salle de musique amplifiée

 Mais la belle aventure est achevée rue Lesage puisque la convention qui lie l'association à l'Effort rémois a pris fin à la mi 2000. Un projet de construction d'une salle de musique amplifiée est lancé sur le site des anciennes usines Dropsy, face au caveau Jacquart : avec sur plus de 2.000 m2 une salle de diffusion modulable de 1000 places, 5 studios de répétition, un pôle de rencontre musicale, un parking. Coût prévu: 50MF (7,6M€)  (sans le terrain). Fin des travaux: novembre 2002.

Alain MOYAT