26 juin 2000.- Un vrai missile. Un coup de théâtre. A l'issue d'une réunion de conseil municipal paisible au cours de laquelle sa majorité avait voté sans état d'âme le budget supplémentaire 2000, le maire Jean-Louis Schneiter a retiré leurs délégations à huit élus: six adjoints et deux conseillers. Tous signataires d'une lettre à son avis " outrancière et diffamatoire et largement diffusée."  Il s'agit de Christian Brut, Damien Decelle, Jeanine Lapie, Jean-Claude Muller, Gabrielle Nguyen, Jean-Claude Laurent, Robert Lambert et Monique Strohm. Stéphane Lang concerné, n'avait déjà plus sa délégation depuis octobre 1999.

 

(photo: De gauche à droite sur la photo devant le portrait du maire honoraire Jean Falala: Stéphane Lang, Jean-Claude Laurent,, Gabrielle NGuyen, Jean-Claude Muller, Robert Lambert, Monique Strohm, Damien Decelle, Jeanine Lapie et Christian Brut.)

(photo: De gauche à droite sur la photo devant le portrait du maire honoraire Jean Falala: Stéphane Lang, Jean-Claude Laurent,, Gabrielle NGuyen, Jean-Claude Muller, Robert Lambert, Monique Strohm, Damien Decelle, Jeanine Lapie et Christian Brut.)

 

Une "lettre privée"

 "Tristes", "en colère", "écoeurés", "amers", les élus sanctionnés crient au "délit d'opinion", dénoncent "une atteinte à la démocratie" Ils accusent le maire de "confondre l'action municipale avec leur positionnement pour les élections municipales". La lettre dont parle le maire, ils l'ont bien cossignée. "C'était" expliquent-ils, "une lettre privée" à destination de la présidente du RPR Michèle Alliot Marie pour lui dire qu'ils soutenaient "toutes tendances politiques confondues", la candidature du RPR Jean-Claude Thomas. Mais le courrier dont le maire et la presse ont eu une copie était-il acceptable? 

Jean-Louis Schneiter y était accusé "de porter gravement atteinte à la cohésion et la sérénité de l'équipe municipale". Un peu plus loin il lui était reproché avec Serge Kochman (RPR) d'adopter "une stratégie de division avec la complicité active de Jean-Claude Etienne (président RPR du conseil régional)." Plus grave, les cosignataires concluaient ainsi : "En appelant à la candidature de Jean-Claude Thomas , nous assurons le retour comme avec Jean Falala, des valeurs qui sont les nôtres: intégrité, compétence, loyauté, disponibilité au service de toutes les Rémoises et les Rémoises."

 Difficile de faire mieux en guise de déclaration de guerre quelques jours après avoir soutenu M.Thomas lors de sa déclaration officielle de candidature aux élections municipales de mars 2001 à la tête d'une liste :" Tous ensemble pour Reims."
Jean-Louis Schneiter s'est expliqué sur sa décision: "A partir du moment où ils écrivent et signent qu'ils ne sont pas d'accord sur la façon dont le maire gère la ville, car il n'est pas selon eux dans l'esprit de son prédécesseur, Jean Falala ; s'ils ne démissionnent pas, c'est à moi de décider si je peux leur faire confiance. Je juge que je ne peux pas leur faire confiance."
Les huits élus ont perdu et leurs délégations et les indemnités allant avec. M.Thomas a eu beau déclarer que "c'était inacceptable" ; le maire honoraire Jean Falala que "c'était la décision d'un dictateur" et que M.Schneiter devait "démissionner" le maire a maintenu sa décision et procédé aussitôt à la redistribution des délégations. La rupture à droite était consommée après plusieurs mois de signes avant coureur.
De plus, fin août, estimant la sanction infondée, injuste et politique , les six adjoints sanctionnés ont décidé de porter l'affaire devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Ils ont demandé purement et simplement l'annulation de l'arrêté du maire mettant fin à leur délégation. Leur argument: "Nous n'avons jamais eu un comportement ni une attitude susceptible de porter atteinte au bon fonctionnement de l'institution municipale" a expliqué Christian Brut en présence de Gabrielle Nguyen et Jeanine Lapie. 

"Je ne peux plus leur accorder ma confiance, je ne peux donc pas leur laisser la signature car ils engagent le maire quand ils paraphent un document municipal" a fait remarquer Jean-Louis Schneiter.

Alain MOYAT