5002 - de gaulle

Dimanche 7 avril 1951.-Comme prévu, à  15 h 30 pile, debout dans  son " Auto-Union " décapotable noire; les bras en "V ", le général  de Gaulle arrive au pied de l'immense croix de Lorraine bleue  dressée sur le parvis de la cathédrale. Arrivant tout droit du  monument aux chars de Berry au Bac  où il a été blessé durant la première guerre, le chef de file du Rassemblement du peuple  français (RPF) venu soutenir ses candidats aux Législatives est  acclamé par " 15.000 à 22.000 personnes" aux sons de " Vive De  Gaulle. De Gaulle au pouvoir."

 En présence du général Martin, de  Mme Éboué, députée de la Guadeloupe et d'un  aréopage de personnalités, le député Pierre Clostermann après avoir dénoncé la faillite morale donne la parole à  celui dont la voix a été écoutée durant quatre ans sur les ondes radio " .

La menace soviétique

Avec les inflexions dont il est passé maître, jouant sur le  registre de la dramatisation, le général brandit " la menace  soviétique qui s'alourdit avec un rideau de fer tiré sur les deux  tiers de l'Europe et la moitié de l'Asie."

Il pose aussi clairement les conditions de son retour au pouvoir en tordant le cou aux affairistes de la IVe République. " Pourquoi avoir quitté  le pouvoir il y a cinq ans? Dans la voie que vous avez prise et le système que vous pratiquez malgré moi et contre moi il n'est de  gouvernement possible. Le RPF ne peut servir le pays et la  République que s'il ne se confond à aucun titre avec les partis." 

 Alain MOYAT