5408 - anne marie bride

Epouse de René Bride, maire de Reims de mai 1953 à janvier 1957, Anne-Marie Bride nous a raconté comment elle avait vécu ces années municipales aux côtés de son époux.

"Inspiré par le père Lebret, fondateur d'Economie et libéralisme, mon mari faisait-il fausse route? Non. Il n'a pas été compris. " 

Quelques mois après la disparition de son mari, Anne-Marie Bride ouvrait son coeur. " Ce n'était pas toujours facile avec huit enfants d'être l'épouse du maire. Quand il fallait le rejoindre à 19 heures, laisser les enfants à la garde. J'aurai préféré vivre tranquille. Je n'ai jamais été dame patronnesse, mais j'étais décidée à la soutenir dans tout ce qu'il faisait car il était dévoué. Il aimait la ville." 

Fille du pharmacien de la Place d'Erlon Albert Charlier, Anne-Marie a rencontré René Bride alors qu'un diplôme de pharmacien en poche il travaillait comme chimiste aux Ets Quirin, près de Saint-Remi.Il voulait se marier, mais fils d'instituteur, il n'avait pas beaucoup de sous, ni de situation." En 1932 René Bride ouvre une pharmacie Avenue de Laon, construit sitôt une maison presque en face au 273, puis un laboratoire en 1938. "Mon mari avait créé une association familiale pour militer en faveur des Allocations familiales." Professionnellement il a inventé plusieurs médicaments: le Pectonal, le Corucide Roland pour les cors, le Sédaspir pour les douleurs etc. Il a aussi dirigé le journal "La Concorde."

Ecarté après son accident

Tandis qu'Anne-Marie et ses enfants partent à Deauville puis à Saint-Léonard de Noblas avant de revenir sur Reims: " Le lait et le charbon coûtaient cher pour les petits" , René Bride crée un hôpital pour les gazés près de l'école de pharmacie. Grâce à Dieu il n'aura pas besoin de fonctionner. A la Libération, René Bride est appelé au comité de la Libération auprès du Dr Billard, maire.

La mairie, de 1953 à 1957: l'épouse du maire en conserve quelques souvenirs agréables. " La rencontre du poète Paul Fort fort agréable avec son écharpe blanche, le colonel Accart commandant d'armes,  le sous-préfet Escandre." 

Tout a chaviré à partir de l'accident de René quand la voiture pilotée par son fils a percuté un poteau près de Villers-Cotterets. En raison du verglas, il était impossible d'aller le voir. C'est finalement le Dr Bouvier qui m'a emmenée." La convalescence fut longue. " René téléphonait sans arrêt des ordres. Mais il sentait bien qu'on cherchait à l'écarter. C'est surtout des gens de la Chambre de commerce et des organismes logeurs qui ne supportaient pas sa conception de l'urbanisme résumée par le Rémois Camelot: une expansion contrôlée, une croissance modérée et équilibrée  à l'intérieur de la ville car construire à l'extérieur coûterait fort cher. Ils l'ont finalement poussé à la démission.

Ensuite, Jean Taittinger a profité de l'expérience de mon mari." 

Propos recueillis par Alain MOYAT