8004 - lamblin

1999.-Aujourd'hui conseiller régional, conseiller municipal dans l'opposition, l'ancien maire communiste Claude Lamblin battu en 1983 en est persuadé: "Il nous a manqué la durée. C'est court un mandat de six ans."

L'élection en 1977 d'un candidat de gauche n'avait rien d'étonnante dans une ville par tradition de gauche. "Après les années soixante, la gauche a régulièrement remporté des sièges.  Aux cantonales de 1973, en 1977 avec Mitterrand qui a fait plus de voix que Giscard à Reims. Enfin, Taittinger n'avait pas de dauphin désigné et nous avions fait une campagne pour gagner. " 

Ce qu'il est resté

Aujourd'hui encore Claude Lamblin n'est pas mécontent de l'action conduite à la tête de l'Union de la gauche. "Nous avons développé une politique sociale importante en direction de l'enfance,à la caisse des écoles, en direction des demandeurs d'emplois. Nous avons été les premiers à développer la restauration scolaire.

Nous avons, c'est vrai augmenté le personnel municipal en augmentant la régie directe (espaces verts, les services à l'école,à la population). Depuis les effectifs n'ont pas augmenté."

L'ancien maire évoque aussi quelques aspects plus forcement très spectaculaires aujourd'hui mais qui ont laissé des traces importantes:- "Le plan de circulation élaboré avec des spécialistes et qui n'a pas été modifié dans ses grandes lignes;  -les couloirs pour faciliter la circulation des bus dont le parc a doublé passant de 60 à 120 véhicules avec une extension des lignes jusqu'en zone industrielle; 

-Le plan d'occupation des sols qui régit encore la ville insistait sur les espaces verts, les hauteurs des bâtiments. Il était antispéculatif. Les modifications apportées depuis ont plutôt favorisé la spéculation.

-Nous avons réalisé des logements sociaux en ville: rue Libergier, rues de Venise, "le ruban bleu", à Jadart.

Dans le domaine du patrimoine on s'est attaqué à la restauration des écoles, la réhabilitation de Museux, du cirque. On a construit aussi des salles municipales: Jadart, Delacroix, la piscine Croix-Rouge. On a couvert le bassin extérieur d'Orgeval, réalisé des foyers logements pour personnes âgées: Avenue de Laon et Murigny etc."

Des regrets

Des regrets? "Oui. Durant six ans nous avons été victimes de la désunion de la gauche. Le PS nous a savonné la planche. Pour l'inauguration de l'Avenue Allende ils sont arrivés une heure en retard. Au moment du budget, Jean-Claude Laval voulait qu'on vote à chaque fois chapitre par chapitre etc. 

Je regrette enfin qu'à Reims durant les années soixante, les élus n'aient pas voulu de grosses entreprises. Les petites unités dépendant de groupes importants font de la transformation sans grande qualification. "  

L'avenir

Sur l'avenir de la vie politique rémoise, Claude Lamblin qui connaît particulièrement Jean-Louis Schneiter pour l'avoir rencontré dans de percutants débats lors d'élections législatives (une perdue en 1978, l'autre remportée en 1981), l'ancien maire a son idée. "Nous assistons à une nouvelle donne. Schneiter n'est pas un homme à se contenter d'expédier les affaires courantes d'autant qu'il aurait pu depuis longtemps être désigné dauphin de Taittinger. De plus,  il a avalé quelques couleuvres comme le tramway. Je voudrais seulement pour 2001 que cesse cette offensive de la classe politique dominante qui vise à favoriser l'abstention sur le mode: "ailleurs, c'est pire; c'est partout pareil avec la mondialisation. Ce ne sont pas les esclaves les plus soumis qui se libèrent les premiers. "

 Alain MOYAT