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(Légende photo: préparation pour une des dern,ières sorties rémoises du 1er GC)

8 août 1991.-Restrictions budgétaires, réorganisation des armées,  le vendredi 8 août 1991 la nouvelle annoncée par le Ministre des  armées Pierre Joxe tombe comme un obus de mortier: le 1 Groupement  de Chasseurs implanté à Reims depuis le 15 octobre 1954 est  dissous. Avec lui les six compagnies du 1 GC soit 200 cadres et 800 appelés dotés de 100 engins blindés,  installés dans les casernes Jeanne D'Arc et Colbert. Commandant de la place le colonel Branche est stupéfait, déçu. Les Diables Bleus doivent  capituler. Sans combattre. C'est un ordre. Les anciens qui se sont illustrés en 1840 à Casa Mustapha (Algérie) doivent se retourner dans leur tombe.   

L'Etat n'a pas respecté sa parole donnée le... 2 décembre 1889, qui avait promis de "maintenir indéfiniment à Reims une brigade de cavalerie " avant d'acquérir pour y faire une caserne des terrains le long du Boulevard de la procession (l'actuel Bd Pommery).

Le maire Jean Falala, abattu, trouve "le procédé cavalier " .  Mais  il est résigné. Reims n'est malheureusement pas la seule de ville de France à perdre des régiments. Il est plutôt préoccupé par le  devenir des 2,3 hectares de terrain qui se libérent en ville. 

Une belle opportunité foncière pour oublier le mauvais coup. Les  chiffres sont fournis par des militaires. C'est mathématique.  

Avec la disparition du 1 GC, ce sont 45 MF (6,8M€) de manque à gagner pour l'économie locale. 

 Neuf mois pour mourir

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(Légende photo: le colonel Branche remet le fanion bleu jonquille du 1 er Gc au général Arnold)

L'adieu " aux (l')armes"  a lieu une première fois en octobre 1991,  Place Royale. Le 1er groupe de chasseurs, -1.200 hommes-,  célèbre  pour la dernière fois la mémoire des combattants de Sidi Brahim à  la seule lumière des phares des blindés. Revue de troupes, remises  de distinction et de médailles, la cérémonie fut ponctuée par la diffusion d'un diaporama dans lequel le public put voir dans un émouvant raccourci les temps forts d'un demi siècle de présence de ce régiment depuis sa fondation par le duc d'Orléans à sa participation à l'opération Daguet, toujours fidèle à sa devise: Toujours et partout le premier. " 

La dissolution du régiment qui intervient en juillet 1992 a lieu  symboliquement en mai 1992 alors qu'il reste toujours 952  militaires au sein du régiment: 44 officiers, 178 sous-officiers  et 730 appelés. Devant 600 invités, a lieu la dernière prise  d'armes à la caserne Jeanne D'Arc en présence de 600 invités et  des six compagnies du régiment. Dans un geste empreint d'émotion  le colonel Branche remet le fanion bleu-jonquille du 1 er GC au général Arnold, commandant le troisième corps d'armée.  Remise de médailles, signature du livre d'or le 1 GC est passé définitivement dans l'histoire. Ses insignes, son fanion et ses souvenirs reposent au musée du 8e groupe des chasseurs de Wittlich.

(Septembre 1994- Janvier 1995)

Lors d'un comité interministériel  d'aménagement réuni à Troyes, l'Etat a décidé d'implanter les  Archives de la Ve République sur une partie du site de la caserne  sous double maîtrise d'oeuvre de la direction générale du Génie  pour l'Armée et du service national des travaux pour le ministère  de la culture. Le district de Reims crée le 6 février 1996  la ZAC  Jeanne d'Arc sur laquelle doit  aussi s'élever 200 logements ainsi  que des installations sportives sur des terrains achetés par le département. Le permis de démolir est signé.  Depuis le temps a passé. La Maison de la Ve république que le président Chirac devait inaugurer en octobre 1998 pour le 40e anniversaire de la Ve République est restée dans les cartons. 

Des logements ont finalement pris la place de ces deux sites.Avec même un affront. Si le bâtiment de la caserne Colbert a bien été  sauvegardé, on se demande pourquoi. Personne ou presque  ne peut le voir depuis la rue. N'importe quoi.

Alain MOYAT