5006 - auriol

 

7 mai 1950.-Les cloches sonnent à toute volée. Dans un sourd vrombissement quatre "Vampires", quatre "P 47" et un "Nord 1 000 "ouvrent le défilé aérien organisé en ce jour du 5e anniversaire de la Reddition allemande à Reims. Des troupes du 4e Cuirs , du 16e RA de Suippes et le drapeau des chasseurs du 8e BCP sont au garde à vous pour saluer le Président de la République Vincent Auriol. 

Comme l'a demandé le maire Roger Jardelle les Rémois  "font au président  un accueil chaleureux et déférent". Pas plus. 

A l'initiative des communistes et de  M.Kinet, conseiller municipal, des tracts sont même lancés en direction du président. "Pour réclamer "nos" 3 000 F et  la paix au Vietnam. "

MM Jacqueminot, ministre des Anciens combattants et le rémois Pierre Schneiter, ministre de la Santé publique accompagnent le président venu remettre à la ville une citation à l'ordre de l'Armée et la Croix de guerre avec palme. "Car Reims a été un des principaux centres de la Résistance marnaise. 168 déportés politiques sont morts dans les camps et präs de 3.000 immeubles ont été détruits ou endommagés lors des bombardements subis de 1940 à 1944 faisant près de 500 victimes civiles."

Visite de la salle de Réddition, inauguration du Boulevard du général Leclerc, Vincent Auriol promet aux délégués des anciens de la 2e DB que le général Leclerc décédé accidentellement en 1947 sera nommé Maréchal de France. Pas de visite présidentielle sans remise de médailles. 

Sitôt le "Te Deum"animé aux orgues de lacathédrale par Arséne Muzerelle, Vincent Auriol remet deux Légions 

d'honneur: au chanoine Hess pour son action dans la  Résistance et à M.Dautancourt pour son en faveur de la cause syndicaliste etmutualiste. Anniversaire de la Reddition oblige, dans son 

allocution, le Président n'oubliera pas les difficiles années passées: "Nous sommes prêts à taire nos souffrances à la condition que le peuple allemand ne reconstitue à l'Est comme à l'Ouest, ni armée, ni armement. "

Alain MOYAT