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Entre 1977 et 1983,  j’ai participé à la gestion de l’agglomération rémoise comme adjoint au maire, Claude Lamblin , d’abord, puis comme président du district, lorsque Georges Colin fut élu député.

De cette période, je pourrais retenir les réalisations des socialistes dont je présidais le groupe des élus, à la ville: zone piétonne, couloirs d’autobus, restauration du cirque, création de la salle E.Wiet pour le théâtre; réunions et visites hebdomadaires dans les quartiers, etc. Et ce serait alors évoquer les noms d’Hubert Carpentier, Jean-Pierre Pinon, Jean-Claude Laval, Bernard Laudy, Jean-René Maillard pour ne citer que ceux là.

Tout le monde se souvient également du formidable développement du réseau des transports en commun avec Jean-Claude Fontalirand, de l’inauguration du nouveau dépôt d’autobus par Charles Fiterrman , du bouclage de l’agglomération en eau potable et de la modernisation de l’éclairage public sous la houlette de Michel Voisin.

A toutes ces réalisations du district et à bien d’autres, Georges Colin prit bien entendu toute sa part, tout en assurant plus particulièrement la responsabilité de l’urbanisme. 

De cette période, j’ai tiré un certain nombre d’enseignements et une certaine idée de Reims, en particulier la conviction qu’il fallait faire de notre ville la capitale dont la région Champagne-Ardenne a besoin pour former, attirer et retenir les acteurs nécessaires à son développement.

Une ville qui hésite dans ses choix, qui n’ose  pas proclamer sa juste ambition est une ville qui perd. Une capitale, c’est une autre ville, ou une ville autrement. Mais les élections  de 1983 ne nous ont pas laissé la possibilité de nous engager plus en avant dans cette voie.

En effet, Reims ne sera jamais une grande métropole régionale si elle ne se donne pas un centre de très grande qualité où l’université, la culture, le tourisme, le commerce et les arts trouveraient toute leur place. Un grand concours international d’urbanisme devrait doter la ville d’un projet global.

Dans le même temps, la conception même de la ville devrait être révisée pour assurer à tous une vie quotidienne de qualité. Chaque grand quartierdoit être considéré comme une véritable commune remplissant  toutes les fonctions, sous la conduite d’un conseil de quartier.

C’est dire que j’ai souhaité une ville citoyenne. Cette part d’utopie est nécessaire si l’on veut bousculer un peu la réalité.

Peut-être n’est-il pas non plus inutile de préciser que je n’ai jamais eu le sentiment  d’être un homme politique. J’ai simplement joué mon rôle de citoyen, m’engageant même parfois au-delà de ce que je souhaitais.

Et puis, il y a enfin ce qui ne figure dans aucun projet, ni dans aucun programme: l’amour de sa ville et de ses habitants. J’espère avoir communiqué un peu le mien, avec l’espoir que l’agglomération de Reims devienne une vraie métropole dynamique, solidaire et généreuse.

Alain MOYAT