9809 - lartisien

(Légende photo: Christophe Lartisien  vainqueur ( à gauche)  ,a plié ;  mais c'est le russe Alexei Soloviov qui a rompu!)

Titanesque. Soutenu par un public euphorique de 2.000 personnes chauffées à blanc après neuf combats amateurs, féminins et professionnels très spectaculaires, dans une salle René-Tys complètement acquise à sa cause, le Rémois Christophe Lartisien a reconquis de haute lutte son titre de champion du monde mi-lourd de full-contact. 

Courageux, volontaire, porté par le désir de reprendre une ceinture perdue sur tapis vert pour cause de hernie discale qui l'a tenu éloigné près de dix huit mois des salles, le sociétaire du Centre rémois d'arts martiaux a parfaitement su gérer son combat.

Terrible. Les huit premiers rounds de deux minutes ont été particulièrement âpres. Tendus. Intenses. La salle euphorique. Coups de pied sautés, balayages, coups de poings : se rendant coup pour coup, les deux adversaires de plus de 80 kilos sont immédiatement entrés dans le vif du sujet. Pas de temps mort. Le rémois Lartisien, champion d'Europe, champion de France, manquant de compétition à très haut niveau ne plie pas. Accuse les coups. Mais il fait mieux que résister. Il rend coup pour coup. Avec supplément. Et puis dans une série d'éclairs de génie qui font les grands champions le Rémois trouve l'ouverture. Aux poings. A point.

Directs, crochets, uppercuts, les inlassables et coriaces leçons de boxe américaine prodiguées par son entraîneur Philippe Coutelas, lui-même champion du monde ne 1990, s'avèrent payantes. Lartisien avance, avance sur l'ours russe pour le coup mal léché. Ses poings trouvent l'ouverture. Il touche à tous les coups. Alexei Soloviov grimace. Fatigué, il grignote de précieuses secondes à chaque pose.

Il veut gagner du temps. Il n'arrive plus à enchaîner les coups. Il plie mais ne rompt pas. En formidable encaisseur il tiendra jusqu'au bout du combat. Et c'est finalement aux points qu'il perd sa ceinture. Un trophée que n'a pas manquer de réajuster à sa taille le Rémois.

Usine à champions du monde avec Philippe Coutelas, Eddy Mathieu, Mehmed Drissi,  François Caputo, le Centre rémois d'arts martiaux a encore trusté un titre. Et ce n'est pas fini. Avec Benjamin et Eléonore, ses enfants, Coutelas prépare d'autres champions. A moins qu'un des 360 autres licenciés du club, principalement des gosses de quartiers ne les devancent.

Alain MOYAT