Malade, Jean Falala quitte la mairie et adoube son premier adjoint Jean-Louis Schneiter

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(légende photo: Jean Falala vient d'annoncer son départ de la mairie et propose  Jean-Louis Schneiter comme maire-intérim.  Ses deux bras droits sont très songeurs...)

Fatigué, atteint de la maladie de Parkinson, Jean Falala, maire  depuis 1983, présente sa démission le 26 avril 1999. Il propose  Jean-Louis Schneiter au poste de maire... par intérim.

 26 avril 1999.- "Je suis fatigué. Le traitement que je prends stabilise mon état mais ne me permet plus de tenir le choc. Gérer une ville comme Reims nécessite un travail énorme. Il est plus honnête pour ma part de ne plus continuer." La rumeur de la maladie  du député-maire Jean Falala courait depuis longtemps. Il n'en reste pas moins que l'annonce officielle de sa démission ce lundi 26 avril lors d'une réunion de conseil municipal provoque un petit séisme. 

Quelques amis politiques mis depuis très longtemps dans la confidence avaient respecté le silence. Pour l'avoir rompu le 14 janvier 1999 le RPR Jean-Claude Etienne qui s'était ditdisponible pour la ville de Reims et prêt à s'impliquer si les autres le souhaitent " s'était fait bouter le lendemain par le maire: " Si j'ai un candidat à désigner, c'est moi qui le ferais en temps voulu" . Pourtant, dès le samedi 24 avril interrogé par l'union-France 3, le député Jean-Claude Thomas lui aussi tient à prendre date pour l'avenir, " prêt à jouer un rôle aux prochaines élections municipales rémoises" avec pour seul objectif de rassembler. " La succession n'est pas une affaire de personne. Il faut un programme d'action au service des Rémois." Jean Falala cette fois ne réagit pas. Un signe? 

Jean-Louis Schneiter pour l'intérim

Annonçant son départ à 70 ans, Jean Falala,  entré en politique en 1961 comme conseiller  général, député depuis 1967 et maire depuis 1983 n'est pas homme à abandonner la place sans avoir préparé à sa succession. " J'offre à la population une alternative crédible et efficace. [...]Il s'agit de finir le mandat avec l'équipe en place. Jean-Louis Schneiter assurera très bien l'intérim jusqu'au prochaines élections municipales." 

Un maire RPR laissant sa place à un UDF: la nouvelle ne manque d'étonner le landerneau rémois. Jean Falala s'en explique dès le lendemain dans l'union. " Si j'avais désigné un dauphin, il se ferait démolir aussitôt. Une annonce casserait tout ce qui a été mis en place." Persuadé que la " fidélité de Jean-Louis Schneiter n'est pas à mettre en doute " , le maire sortant garde son mandat de député de la 1er ciconscription.  " Il invite son ancien premier adjoint à faire en sorte que les projets par son équipe voient le jour: médiathèque, Place Royale, stade Auguste Delaune."  

Assurer la continuité et la cohésion

Il est le fils Pierre Schneiter: plusieurs fois ministre sous la IVe République, président de l'assemblée nationale et deux fois maire de Reims en janvier et mai 1957 jusqu'en 1959, l'UDF Jean-Louis Schneiter formé dès 1971 par le maire Jean Taittinger puis fidèle de l'équipe Jean Falala est formel: Je ferai tout ce qui est possible pour assurer la continuité du programme lancé par Jean Falala et pour assurer la cohésion de l'équipe municipale." L'élection interne du nouveau maire se passe comme l'a prévu Jean Falala qui a demandé à son équipe :" de ne pas se diviser et d'envisager l'élection comme celle de la continuité. "  L'opposition ne prend pas part aux votes. 

Jean-Louis Schneiter est élu avec la totalité des voix de la majorité municipale tout comme les adjoints Jeannine Lapie, Jean-Michel Vernier et Jean-Claude Muller. Pour les onze autres, sauf s'ils se sont abtenus pour leur propre élection, une ou plusieurs voix font défaut.

Juste 40 ans après son père, Jean-Louis Scheiter qui a toujours préféré l'évolution à la révolution déclare qu'il assurera la continuité, que "ni sectaire, ni intolérant, il est ouvert au dialogue." Pour preuve, il annonce que dés le mois de septembre 1999 il prendra en charge lui-même la communication...

Alain MOYAT

 

Une décision logique à qui modifie la donne 2 001

Les réactions à la démission de Jean Falala ne tardent pas. " Je respecte sa décision. Avoir choisi Jean-Louis Schneiter pour l'intérim me paraît logique " explique cette fois sans ostentation le député, président du conseil régional Jean-Claude Etienne. "Je suis bouleversé et un peu inquiet " lui répond en écho Jean-Claude Thomas. 

A gauche où on ne manque pas de qualifier de "très sage " la décision du maire, Jean-Claude Laval, conseiller socialiste est formel: "On arrive à un tournant de la vie politique rémoise".  Candidate déclarée à la mairie, Adeline Hazan confirme: "Cela ne change en rien mes projets et ambitions. Notre combat politique continue."

Le communiste Claude Lamblin qui connaît particulièrement bien Jean-Louis Schneiter pour avoir ferraillé contre lui verbalement lors de plusieurs échéances électorales (législatives et cantonales)parle d'" une nouvelle donne politique"  le samedi 14 mai. "Le nouveau maire exercera pleinement ses prérogatives et peut très bien envisager de jouer un rìle majeur lors de la prochaine municipale. Il a deux ans pour agir et peut-être redistribuer les cartes."

 

Ville-District: les pleins pouvoirs pour J.L. Schneiter

En moins d'un mois, l'éternel Poulidor du conseil municipal rémois fait un sans faute. Il cumule les postes de maire et de président du district urbain. Du jamais vu depuis l'ère Jean Taittinger de 1964 à 1977. Car l'élection du président de district le mardi 25 mai, (les élus de gauche n'ont pas participé au vote)  n'est qu'une formalité.

Président du district sans interruption depuis 1983, Jean-Louis Schneiter retouve son poste en totalisant 23 voix sur 28. Une bonne opportunité se présente: " Il faut en profiter pour resserer les liens entre les collectivités et avancer avec une certaine cohérence. " Les dossiers en cours sont importants: plan de déplacements urbains, plan d'occupation des sols, contrat de ville etc. 

Avant l'élection des vice-présidents du district: Edmond Béchambès, Jean-Pierre Fortuné, Richard Bosc, Mario Rossi,, Maurice Benoist et Florence Mobuchon, Jean-Louis Schneiter émet un voeu: " Maintenir le consensus jusqu'en 2 001 car le travail est important. " Et d'expliquer: " Si nous avons pu maintenir un consensus, c'est grâce à la cohésion des élus des six communes sans jamais qu'un vote n'ait imposé quoi que ce soit à une commune si telle n'était pas sa volonté. " 

Un homme pressé

Mais l'homme est pressé, pressé de marquer de son empreinte ses deux courtes années. Au sein du district urbain, les socialistes n'ont pas manqué de le lui faire remarquer quand il a voulu fin juin faire passer à la hussarde une enveloppe de 26 MF  (4M€) pour financer le TGV. Une décision finalement adoptée.

Au sein du conseil, officiellement, la majorité joue toujours l'union apelée de tous ses voeux par Jean Falala. Mais jusque quand. La décision de ne pas construire une salle de musique amplifiée au parc des expositions mais rue Gosset  est une première couleuvre qu'ont dñ avaler certains proches du maire. Et il risque d'y en avoir d'autre.

Comme l'a dit Claude Lamblin, Jean-Louis Schneiter n'est pas un homme à se contenter de gérer les affaires courantes." .

Alain MOYAT