6033 - édith piaf

17 décembre 1960. "Reims, c'est ma ville porte-chance. En 1944, j'y ai fait une boum lors d'un gala après la Libération. "Depuis,  à trois reprises le public que l'on prétend sévère m'a fait trois succés. Admettez que je lui devais bien ma rentrée." En ce mois de décembre 1960 Edith Piaf est "un petit bout de femme radieuse" , note Claude Lavandier dans l'union. Plus rien à voir avec "la femme pantelante que l'on transportait dans sa voiture roulant dans un vison flottant sur son corps amaigri. "Ce soir, "mince dans une stricte petite robe noire, une petite croix battant sur sa gorge, Piaf chante Les Mots d'amour, puis sa nouvelle chanson, "Mon Dieu." Sous l'oeil de son impresario, Lou Barrier, de Bruno Coquatrix et de Michel Rive gauche, la môme Piaf s'arrête un instant. S'excuse et part en coulisses boire un verre d' eau avant d'interpréter "Les Flonflons du bal", puis dix autres succés, dont "Milord", et autant de triomphes.

Mais le mal sournois la mine. Edith Piaf rechute.

Son dernier tour de chant à Reims, c' est le 15 juin 1962 qu'elle le donne. A l' Empire comme toujours. La jeune femme a 47 ans, mais malade, les yeux hagards, elle en paraît bien plus. Elle est toujours trés entourée. Coquatrix, attentif, est là, un peu plus loin Charles Dumont, inquiet, et la soutenant avec affection : son trs jeune mari Théo Sarapo.

Encore une fois, la môme Piaf subjugue son chaleureux public.

Déchirée, déchirante, la voix parfaite, Piaf, merveilleuse, laisse les Rémois pantois et admiratifs. "Non je ne regrette rien", "La Foule" : quatorze chansons plus tard, l'artiste sait qu'elle est prête pour son retour à l'Olympia.

Elle ignore qu'un peu plus d'un an plus tard, le foie malade, elle s'éteindra. Elle repose au Père Lachaise depuis le 11 octobre 1963 et  des centaines de visiteurs vont encore chaque année la saluer. 

Alain MOYAT