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"Reims ville carrefour va t-elle devenir une ville homicide? "

 On ne  badinait pas avec les titres en 1953. En 1958, la situation ne s'était guère arrangée. Si en 1953 les services de police avaient comptabilisé 1.060 accidents à Reims, faisant 22 morts et 424 blessés, les chiffres fin 1957 n'avaient vraiment pas de quoi rassurer: 1.715 accidents pour 22 tués et 686 blessés. L'année précédente avait même vue le nombre de victimes grimper à 25.

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(légende photo 1959: un accident juste devant l'union)

Des idées

Ce n'était pourtant pas faute de réfléchir à la sécurité. En 1953,un brigadier présente une étude sur la signation lumineuse. S'il faut attendre avril 1958 pour compter 35 km de rues éclairées par  1.100 ballons fluorescents, des aménagements sont réalisés. 

L'épingle à chevaux de la Place des Droits de l'Homme est supprimée, un dispositif est mis en place pour permettre un meilleur accès au stade à l'occasion du match Reims-Bordeaux.

Mais ni l'état des voitures, pas très bon selon une enquête de l'automobile club, ni la sobriété des conducteurs n'arrangent les choses. En 1954 et 1955 le nombre des accidents passe de 1 300 à 1 430. S'ils font heureusement moins de morts (14 et 10), le nombre des blessés augmente (passe de 521 à 573).

Les usagers sont mécontents. Ils demandent "la tolérance du dégagement à droite dans quatre carrefours ."  En août 1958, les patrons s'inquiètent. Les élus aussi. Les 1 379 accidents étudiés entre le 1 juillet 1955 et le 30 juin 1956 ont entraîné la perte de 40.000 journées de travail.

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(légende photo: perte de contrôle en 1954)

Accrochés à leur volant, les Rémois foncent avec leurs "bolides " aux lourds pare-chocs. Font la grimace à partir d'octobre 1957 car la police vient d'àtre dotée d'un appareil à détecter "les fous du volant " : un télé-tachymètre.

Mais le nombre des automobilistes ne cesse d'augmenter en ville et l'initiative de Georges Hiltgen de suggérer un décalage dans les sorties des usines rémoises de plusieurs corporation fait long feu.

Les problèmes de circulation allaient perdurer. Reims, à partir des années soixante, allait inexorablement connaître ses premiers bouchons, ses problèmes de stationnement. 

Et le sujet est toujours on ne peut plus d'actualité!

Alain MOYAT