Plusieurs fois durant ce demi-siècle, les Rémois ont eu l'occasion de subir les caprices de la météo.

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(Légende photo: 13 août 1965 Reims est comme un grand lac)

Le 9 mai 1952 par exemple, une pluie torrentielle, se transformant par endroits en grêle, s'abat à 19 heures sur la ville. Le téléphone est coupé toute la nuit Palce d'Erlon. De la rue de Vesle à la place Stalingrad, l'eau envahit les magasins sur une hauteur de plus de 30 centimètres. Des flots d'eau et de boue venant de la chaussée Saint-Martin envahissent des jardins de la rue de Courcelles. Tout le monde commence à dénoncer le manque d'un réseau d'égouts suffisamment convenables pour permettre aux pluies diluviennes de gagner les collecteurs. Les pompiers doivent intervenir 74 fois.

18 juin 1957.-Les trombes d'eau s'abattent durant une heure sur la ville? "Du jamais vu depuis 1944" note l'union. Cette fois, les collecteurs mis en place en 1953 pour 25 millions de francs (700 m3 de béton et 40 tonnes d'acier) ont assez bien fonctionné. Rue de Saint-Brice pourtant, les eaux remontant des égouts paralysent la circulation. C'est l'inquiètude chez Conord et aux Comptoirs Français. On craint que l'eau n'atteigne les chaudières, entraînant leur explosion. Commandés par le lieutenant Berthelot, les pompiers et des bénévoles s'activent aussi aux Docs Rémois et au Goulet Turpin. Il y aura pas moins de cent appels. Boulevard Charles-Arnould, dans la "cité de la Petite Pologne", avenue de Laon, rue Vernouillet, il y a de belles inondations aussi.

10 novembre 1964.-Vers 22 heures, un vent violent venu dont ne sait où s'abat sur la ville.Il arrache des fils électriques près du cinéma l'Alhambra, rue Emile Zola, arrache une porte de chantier rue du Jard, fait basculer des corniches du grand hôtel du Lion d'Or, Place d'Erlon. Vers 23 heures, une catastrophe est évitée de peu Place de Marseille, quand vingt mètres de toiture en aluminium sont littéralement arrachés au sommet d'un immeuble collectif. Trente logements sont découverts.

13 août 1965.-de 20 heures à 21 heures, un véritable déluge s'abat sur la ville. "Reims est comme un grand lac" dans lequel pataugent voitures et passants. Moteurs suffoqués, véhicules aux trois quarts remplis d'eau, caves immergées jusqu'à 2 mètres, courant coupé. La rue Cérès et la Place Aristide-Briand évoquent les canaux de Venise. "Les voitures ont remplacé les gondoles". D'autres secteurs sont touchés: la rue de Vesle, Jean-Jaurès, Aristide-Briand, la rue de Venise, la Place Sainte-Claire, la rue du Jard. La situation se rétablira vers 1 heure du matin. Les pompiers comptabilisent 120 appels.

9962 - 2 inondations

(Légende photo: 18 mai 1971 des centaines de caves inondées, des voitures sinistrées.)

18 mai 1971.-  Averses d'orages entre 20 h 30 et 23 h 30 avec 15 litres d'eau au m2. Comme toujours, ce sont la rue du Jard avec des voitures à la dérive, le pont Fléchambault et la rue de Vesle qui souffrent le plus, car les égouts n'arrivent pas à absorber les torrents d'eau. Il y a 70 centimètres d'eau rue de Courlancy. Les pompiers vite en nombre insuffisant jouent de la moto-pompe. Ils s'empressent d'assécher les pharmacies et les magasins où il y a des denrées périssables.

19 août 1971.-"Soufflant à 120 kilomètres/heure, une tempête arrache des toitures et déracine des arbres par centaine", titre

l'union. Au terme d'une journée suffocante, un vent venu du Sud-Ouest s'est levé. De 50 à 70 km/h, il atteint vite les 122 km/h, renversant des arbres à la Patte d'Oie, dans le square Colbert et les Basses-Promenades. Cheminées effondrées à la Brasserie du Boulingrin, à la boulangerie du 93, rue de Neufchâtel. Toiture de pharmacie arrachée boulevard Robespierre, manège écrasé boulevard du Général-Leclerc. Des arbres coupent plusieurs chaussées, des centaines de caves sont inondées.

Au stade Auguste Delaune, le journaliste de l'union, Jean-René Godart, enrage. Le match Reims-Red Star a dû être interrompu à la 65 ème minute. Vingt-cinq minutes plus tard, la partie reprit,mais presque aussitôt, sur une pelouse détrempée, le parisien Guéniche, d'un joli but, anéantit les espoirs des Rouge et Blanc.

Février 1990.-plusieurs tempêtes occasionnent de nombreux dégâts. Une partie de la toiture de l'école Barthou I s'envole toute comme la toiture métallique de l'ancien garage Peugoet, rue Buirette, qui endommage plusieurs voitures sur un parking. Des vents de 130 km/h décollent des toits rue Gambetta, provoquent la chute de nombreux arbres sur la butte Saint-Nicaise. Près de 100.000 Marnais sont privés d'électricité.

Juillet 2000.-Pluies torrentielles en tout début de mois et nombreuses inondations en ville suivies d'un mois exceptionnellement pluvieux. Le record de pluviométrie établi en juillet 1987 à la station météorologique de Courcy qui était de 140,2 mm de pluie, est pulvérisé avec 149,6 mm alors que la moyenne d'un mois de juillet entre 1949 et 1999 était de 50,3mm.

Alain MOYAT

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26 décembre 1999 :Tempête: 

 

la fin du monde durant... une heure et demie

 

9966 - tempête

27décembre 1999.-Châlets du village de Noël explosés, toitures envolées, arbres renversés, voitures écrasées, chaussées bloquées, la tempête qui a sévi hier en mini tornade a fait  énormément de dégâts. Images.

 

"Je me suis garé sous les Hautes Promenades à 8 h 30. Regardez ma voiture, elle est fichue."  Un oeil sur sa " Clio "écrasée par les branches d'un gros arbre déraciné, Marc Seignier jeune cuisinier au "Continental " est estomaqué. Autour de lui, c'est la Bérézina. On ne compte plus les arbres couchés. En tire bouchon, la porte de service du garage du commissariat claque au vent Bd Roederer. Place d'Erlon, plusieurs chalets du village de Noël sont renversés, explosés; des morceaux de tôles glissent sur le pavé. On ne compte plus les cheminées et les antennes télé effondrées, les bardages de toits envolés, les morceaux de tuiles cassés sur le sol, les arbres en travers des rues. La tempête d'une violence inouïe qui a sévi durant près d'une heure et demie hier matin à Reims et dans toute la région a fait un mort sur l'autoroute A4 et 

 

d'importants dégâts.  Elle a obligé les chauffeurs de bus, par prudence, à interrompre leur service. De leur côté bien que trahis par le standard HS du Service départemental d'incendie et de secours de Fagnières, les pompiers professionnels et volontaires se sont organisés avec les moyens du bord (talkie-walkie)pour coordonner leurs actions et répondre à des centaines d'appels.

 

300 employés municipaux mobilisés

 

Elle avait déjà montré samedi le bout de son nez dans l'arrondissement, obligeant les pompiers à une vingtaine de sorties. Hier matin, peu après 8 h 45, musclée et tourbillonnante, une impressionnante tempête de vent s'est abattue durant près d'une heure et demi en ville et sur tout l'arrondissement. " Une véritable fin du monde " à une semaine de l'an 2 000.

 

" Nous avons mobilisé le ban et l'arrière ban " confirme le maire de Reims Jean-Louis Schneiter qui a rapidement dirigé un bureau de crise en mairie avec son chef de cabinet M.Bourin. " Les services de l'éclairage, des espaces verts, des policiers municipaux etc sont sur le pont, soit un total de 300 personnes. " Ce n'est pas le travail qui a manqué et s'il n'était pas possible encore hier soir de faire un inventaire de toutes les interventions, le maire a déjà fait savoir qu'il demandait au sous-préfet de classer Reims parmi les villes victimes d'une catastrophe naturelle. " La décision appartiendra au gouvernement, mais c''est très important pour les personnes sinistrées qui vont se retrouver devant leur compagnie d'assurances." 

Alain MOYAT

 

Tempête du siècle: 

 24 MF de dégâts pour la ville et le district

9954 - 2 tempête

Arbres tombés en travers de la  chaussée, toitures arrachées, ardoises envolées, châlets de Noël explosés Place d'Erlon, la tempête du 26 décembre qualifiée de " tempête du siècle" a occasionné de colossaux dégâts. Et à l'heure du bilan l'ardoise est impressionnante. Elle a été évaluée à 21 MF pour la ville et 2,4MF pour le district urbain.

2601 arbres abattus

L'inventaire présenté par les services municipaux laisse songeur :

Le patrimoine vert de la ville a été anéanti. Déracinés, cassés, penchés, ce sont 2601 arbres qui ont dû être abattus: une facture de 2,3MF pour les enlever et s'en débarrasser et une autre de 8,3MF afin de pourvoir à leur remplacement échelonné sur trois exercices.

Le patrimoine bâti a souffert aussi terriblement: " la moitié des bâtiments communaux a été touchée à des degrés divers.  L'ardoise s'éléverait à 6,6MF.  Les toitures d'écoles ont payé un lourd tribut à la tornade, à Maison-Blanche, Verrier, Pommery et  Prieur de la Marne notamment,  mais aussi les toitures de plusieurs musées, celle de l'Ancien collège des Jésuites. Le  Centre des congrès n'a pas été épargné (bardage et pignon), les bâtiments sportifs non plus: groupe électrogène de la piscine-patinoire, bâche toiture de la piscine des Thiolettes, gymnases. Bérézina dans plusieurs cimetières où la chute de tuiles, de murets et d'arbres ont même endommagé des tombes. Propriété de la ville le centre de vacances de " La Grainetière" (Ile de Ré)a souffert aussi (toit, murs, arbres).

Installations électriques H.S., clôtures écrasées, mobilier urbain et jeux dans des parcs cassés, signalisations tordues: les dégâts sur le domaine public ont été conséquentes aussi. 

Maigre consolation: le montant total de la facture finale sera en partie compensé par les économies  de consommation électrique réalisées suite à la réduction de l'éclairage public durant près de trois semaines. En n'allumant qu'un lampadaire sur deux sur tout le territoire du district ce sont en effet près de 3 millions de watts qui étaient économisés chaque jour.

A.M