Serge Lhuillier se souvient de ses souvenirs de garon de 12 ans. Nul doute que beaucoup de Rémois de son âge s'y retrouveront.

5602 - avoir 16 ans

(Légende photo: Dans la presse, une réclame pour les biscuits REM)

Le Stade de Reims était alors au sommet de sa gloire. Kopa, Jonquet, Leblond et tous les autres faisaient rêver la France entière. Le 14 juin 1956, les Rouge-et-blanc n'échouèrent que d'extrême justesse en finale de la coupe d'Europe contre le grand Real Madrid de Di Stefano. une défaite au goût amer, qui fit pleurer dans bien des chaumières de la cité des Sacres.

C'était le temps des Reims-Voros Lobogo ou des Reims Hibernians. Pour suivre ces rencontres qui ne se déroulaient pas à Reims, mais à Paris, il y avait la télé, les matches étaient retransmis en Eurovision. Oui, mais voilà, mes parents n'avaient pas la télévision. Alors, les soirs de coupe d'Europe, avec leur accord et quelques pièces en poche, je me rendais au café situé en face de l'église Saint-André, à deux pas de chez nous qui habitions rue Camille-Lenoir. Le patron avait installé son appareil sur une étagère. Les tables et les chaises étaient disposées de telle sorte qu'à chaque fois, une trentaine de supporters puissent suivre la rencontre, dans une certaine ambiance passionnée mais bon enfant. 

Les exploits répétés de nos joueurs étaient salués par des cris de joie, qui ne faisaient qu'augmenter au fur et à mesure des buts marqués et des boissons. [...]Ces soirs là, tous les cafés de Reims qui avaient la télé faisaient salle comble, et, partout régnait la même allégresse.

Ah la collection des biscuits REM

 

Hidalgo a joué au Stade de Reims. Il a eu droit lui aussi à son image dans les paquets de biscuits Rem

Et puis il y avait la fameuse collection des biscuits REM. Dans chaque paquet, l'on trouvait la photo d'un footballeur ( Ndr: couleur sépia), avec en dessous un court résumé de sa carrière. Chaque commerçant remettait aux mamans un album qu'il nous fallait compléter jusqu'au remplissage total des cases. Autant dire que nous nous empiffrions de biscuits. J'ouvrais avec fébrilité le paquet que maman me ramenait. "Winieski " . Zut, je l'ai déjà. 

Heureusement, en coulisses se déroulaient d'âpres tractations entre collectionneurs. " J'ai Robert Jonquet en double. Je te l'échange contre ton Jean-Jacques Marcel ou ton Joseph Ujlaki. "

Que n'aurait-on pas fait pour avoir Robert Jonquet. Alors l'affaire se concluait et le grand jour arrivait. On collait la dernière photo. L'on courait vers les copains, l'album sous le bras en criant "Çà y est, j'ai fini, j'ai tout". Envieux, ils vérifiaient, puis écoeurés, ils nous rendaient l'objet précieux en lâchant ce cri du coeur: "Ah! la vache...

 Alain MOYAT