Battu aux municipales de 1977 pour avoir voulu faire cavalier  seul, Jean Falala,  encore le premier sur scène dès 1978,  parvient cette fois à fédérer la droite. A gauche, on se déchire.

 

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Légende photo: Dès février 1979, Jean Falala et Jean-Louis Schnieter font cause commune pour "rendre Reims aux Rémois "

Réélu député en mars 1978, Jean Falala annonce " qu'il pourrait faire une liste aux municipales pour reprendre la ville de Reims scandaleusement tombée aux mains du PC et de ses alliés impuissants du PS." Jean-Louis Schneiter qui ne donne pas sa part aux chiens pour aller affronter le maire Claude Lamblin joue le jeu de l'unité. Il adhère dès février 1979 aux propos du député de la 2e circonscription: " Nous serons côté à côte et unis pour rendre Reims aux Rémois le moment venu." Jean Falala esquisse un programme comprenant un parking aérien, une navette SNCF pour relier les quartiers périphériques, des parkings aux entrées de la ville avec des navettes... 

Janvier 1982.-Henry Roger, président départemental du PR invite à la constitution d'un " comité de coordination " à droite. L'appel est entendu. Se traduit par la présentation de candidat commun aux cantonales. Sans grand succès. Si Falala et Béchambès sont élus dans les 2e et 4e canton, Schneiter, Annick Roger et Gilles Ferreira sont battus dans les 5e, 7e et 9e canton). Cela n'empêche pas Jean Falala et Jean-Louis Schneiter de confirmer fin mars qu'ils constitueront une liste d'union aux municipales. Et pendant les huit mois qui suivent durant lesquels l'Union de la gauche vole en éclat, ils décochent régulièrement des flèches. Reprochent à Lamblin " d'être le maire d'un parti, de faire des consultations bidon, de noyauter les associations, de gaspiller les deniers publics, d'alourdir les charges de la ville, de s'opposer aux patrons et donc de ne pas favoriser la venue d'entreprises."  

Les banderilles du PS

Ils s'étaient rapidement divisés sur divers dossiers locaux aussitôt après avoir gagné les élections en 1977. Elus du PS et PC, jamais vraiment rabibochés se livrent dès mars 1982 à un terrible bras de fer. Sur le mode: " Nous sommes mieux placés pour conduire la liste d'une union de la gauche. " François Letzgus (PS) qui joue aussi des coudes pour s'imposer dans son propre parti, délègue Hubert Carpentier pour placer les banderilles. Claude Lamblin préfère critiquer " la politique antisociale du gouvernement qui oblige les communes à augmenter les impôts." Il estime qu'il est " le mieux placé pour continuer la politique engagée en 1977" 

-" On peut faire mieux avec un autre maire " lance en octobre 1982 Hubert Carpentier.

-" Proposer de changer de maire, c'est se placer en situation d'opposition " rétorque M.Piérot (PC)

Battu aux cantonales, Claude Lamblin " a perdu tout crédit " insistentles socialistes. Fort d'un sondage IFOP dans lequel on peut lire qu'un rémois sur deux estime que depuis 1977 " Reims a plutôt changé en bien " le maire ne cède pas. Publie même un bilan de son mandat sans consulter ses alliés.

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Légende photo: De 1977 à 1982 communistes et socialistes se déchirent publiquement et François Letzgus fera tout pour occulter le maire communiste Claude Lamblin. Mais, c'est vrai, à Paris, on avait autorisé des primaires à gauche à Reims

 Durant ce temps, Jean Falala évoque avec nostalgie " le temps où la ville de Reims avait à sa tête un grand maire Jean Taittinger " (7 mars 1983). François Letzgus annonce qu'il est candidat sur une liste soutenue par le PS, le PSU avec Mme Piette et le MRG avec Philippe Walker. En  pédagogue il précise que que deux listes, finalement... " c'est l'expression du pluralisme de la gauche. " 

 

C'est parti

Du 25 janvier au 6 mars 1983, quatre listes vont s'activer.Jean Falala veut " restaurer la confiance, développer les activités créatrices d'emplois, améliorer les logements. " François Letzgus pense qu'" il faut faire mieux, faire plus, faire autrement dans le cadre d'une gestion transparente et collective." Claude Lamblin parle " de ré -équiper les Zup, entretenir les grands ensembles, créer un nouveau Lep, un 6e lycée, établir la gratuité pour les transports scolaires, créer un orchestre symphonique, transformer l'ancien immeuble de la Gestapo en maison de la Résistance. " Les esprits s'echauffent en fin de campagne. Lamblin dit " non à la campagne de ragots menée par Falala " , François Letzgus  porte plainte pour diffamation contre " Le Point " et " L'Economie" puis contre Falala qui estimait que le district avait augmenté le prix de l'eau sans tenir compte du blocage des prix.La parole revient toujours aux électeurs.

Dès février 1979 Jean Falala et Jean-Louis Schneiter font cause commune pour " rendre Reims aux rémois " .Durant ce temps, de 1977 à 1982, communistes et socialistes se déchirent publiquement et François Letzgus (PS)fera tout pour occulter le maire communiste Claude Lamblin. Mais c'est vrai, à Paris, on avait autorisé des primaires à gauche à Reims. 

A.M

 

Facile victoire de la liste "Mieux vivre à Reims"

Aidé par les querelles à gauche, le député Jean Falala, chef de file de la liste "Mieux vivre à Reims"  regroupant toutes les composantes de la droite gagne les élections municipales de 1983.

 J'espérai gagner car nous sentions autour de nous un sentiment de mécontentement. Il va falloir travailler, faire un état des lieux avec la plus grande honnêteté. " Au soir du dimanche 6 mars 1983, Jean Falala dont la liste d'opposition municipale "Mieux vivre à Reims"  n'a fait qu'une bouchée d'une gauche partie en ordre de bataille dispersée, ne cache pas une joie et une fierté certaines. Avec modestie " . Avec 56, 01% des suffrages exprimés sa liste obtient 47 des 59 sièges à pouvoir. Un chiffre symbole pour celui qui allait devenir quelques jours plus tard le 47e maire de Reims. 

Retour sur une élection

Même si un sondage Ipsos réalisé en janvier 1983 a donné Falala favori, l'élection n'est pas jouée. Le dernier vrai sondage, celui des urnes, qui remonte aux cantonales de mars 1982, s'est traduit par une belle percée des socialistes même si globalement la gauche a perdu 6.000 voix. Dans le 5e canton, Hubert Carpentier s'est permis le luxe de terrasser son allié, le maire communiste Claude 

Lamblin dès le premier tour, avant de battre Jean-Louis Schneiter au second; Michel Voisin (7e canton) et Jean-Claude Laval (9e canton) ont gagné leur siège au conseil général. L'opposition conduite par Jean Falala peut tout de même miser sur deux facteurs: -La force d'une union des forces de droite (RPR, UDF, PR, CDS, CNI)qui n'a pas hésité à réunir les anciens dans les derniers jours de campagne: un maire, René Bride et Roger Crespin, l'ancien bras droit bras droit de Taittinger;   

 -les dégâts occasionnées par les querelles, les polémiques nombreuses auxquelles se sont livrées durant un an Claude Lamblin (PCF), Hubert Carpentier et François Letzgus (PS)pour savoir qui devait conduire une liste d'Union de la gauche. Du temps perdu qui n'aura finalement pas permis au PS de conduire une campagne digne de ce nom.

Dimanche 6 mars 1983

99.282 rémois sont invités à aller voter, 8.061 de plus qu'en 1977. Comme Jean Falala qui, dès dix heures va faire son devoir civique au 44e bureau installé à la maternelle de la rue du Danube, ils seront 70.970 à aller voter (71,48%). Pour une liste bloquée, sans panachage, mais avec une dose de proportionnelle.

Le résultat est net, sans bavure. La liste d'opposition municipale conduite par Jean Falala forte de 44 hommes et 15 femmes est élue dès le premier tour. Elle obtient 39.065 voix. En seconde position, " Ensemble pour l'avenir de Reims " , la liste d'union de la majorité conduite par François Letzgus avec le soutien du PS, du PSU et des MRG ne totalise que 16.397 voix (23,51%)des suffrages exprimés. 

Elle est battue mais aura 7 sièges au conseil municipal. "La gauche n'a pas réalisé son score politique " commente le président du district. L'homme qui a sans doute souffert d'un manque de charisme et de notoriété rend toujours responsable le PCF qui n'a pas " voulu d'une liste d'union conduite par les socialistes."

La liste d'" union pour la poursuite de l'action municipale et la victoire de la majorité " conduite par le maire sortant  n'arrive qu'en  troisième position avec 13,12% des voix. Le droit d'avoir des regrets et 5 sièges au conseil. " Ce résultat est dommageable eu égard au bilan du travail accompli " commente Claude Lamblin.

Pour mémoire une liste baptisée: " La voix des travailleurs contre l'austérité " obtient 1 157 voix.

Jean Falala évoque plusieurs de ses priorités avec la CCI :  le parc des expos, le stationnement et la circulation, la survie de l'école supérieure de commerce. Il réaffirme qu'il ne licenciera pas  à la mairie " mais ne subventionnera pas les emplois contractuels que les partis avaient engagés. " Dans une ville où il a 11% de chômeurs contre 9,7% au niveau national, le futur maire ne vas pas manquer de travail. Avec pour ambition: " que l'on dise de M.Falala qu'il a fait une bonne gestion. " 

En bon père de famille quoi!

Alain MOYAT

 

11 mars 1983: Jean Falala, 47e maire de Reims

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Présidée par la doyenne Mme Marie-Françoise Mennesson, l'élection du maire organisée le 11 mars dans la grande salle des fêtes n'est qu'une formalité. Un millier de rémois ont fait le déplacement. Il y en a même dans l'escalier et les couloirs. Applaudissements pour la nouvelle majorité, huées à chaque fois que les noms de Lamblin et de Perlot sont prononcés, l'élection peut commencer. Si Jean-Louis Schneiter propose tout normalement la candidature de Jean Falala, Hubert Carpentier (PS), " au nom des 29.000 électeurs (ndr: ceux du PS et du... PC)" propose celle de François Letzgus. 

Avec 47 voix  (encore 47...), contre 11 au candidat socialiste, Jean Falala est installé 47e maire de la ville de Reims.

Hommage aux prédecesseurs

Dans une courte intervention, Jean Falala rend hommage à ses prédécesseurs  dont Claude Lamblin :" Les divergences politiques qui nous séparent et nous opposent ne m'autorisent en aucune faáon à oublier qu'il fut l'élu de ses concitoyens et qu'à ce titre il mérite la considération." 

Pour l'élection des 16 adjoints (deux de plus qu'en 1977), le socialiste Hubert Carpentier revendique trois postes. Falala, bien sûr s'y oppose: " ceux qui sont adjoints s'engagent à soutenir pleinement la politique de la majorité du conseil."  Et l'assemblée de voter seize fois. Et Hubert Carpentier de proposer autant de fois la candidature de François Letzgus. En vain. 

Seize adjoints de la majorité sont élus: Jean-Louis Schneiter, Jean-Marie Beaupuy, Jean-Claude Maréchal, Serge Kochman, Jean-Claude Thomas, Thérèse Guérin, Frédéric Payen, Maurice Cayette, Thérése Chabant, Guy Grosjean, Henry Roger, Jean-Michel Vernier, Jean-Claude Houbron, Jeannine Lapie, Francis Yger et Jacques Vuibert.

Seize conseillers sont élus pour siéger au district.  

Alain MOYAT

 

(Légende photo: Avec 47 voix contre 11 au candidat socialiste , Jean Falala est installé 47e maire de la ville de Reims)