Depuis près d'un demi siècle, après pas mal d'attente, la petite lucarne ouverte sur le monde est visible à Reims. Mais si la radio télévision française a bien évolué, des challenges sont à relever  

 

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14 novembre 1955, 19 h 30.-"  L'image  au rendez-vous est excellente. Le son est à améliorer." Au coude à coude dans les magasins des radio-électriciens, les Rémois font  des yeux tous ronds. Dans l'écran d'un gros poste,  à raison de 12 millions de points par  seconde et 25 images seconde, l'émetteur de la Tour Eiffel communique à la tour hertzienne de Vrigny les images du cuisinier Raymond Oliver préparant un gâteau basque, assisté par Catherine Langeais. " Les vendeurs ont résisté au rush des amateurs pressés" explique le journaliste dans l'union. Le prix moyen d'un poste est de 100.000F (anciens) + 15 000 F pour l'antenne. 

 

Des années d'attente

 

Les élus respirent, " Faute d'un émetteur, la Champagne allait devenir le champ clos des télévisions étrangères." En 1955 (la première émission télé en 819 lignes a eu lieu en 1948), le Sénat a enfin attendu l'appel lancé l'année précédente par le conseil municipal. Le petit écran n'allait pas tarder à envahir les salons. On y parle de Reims d'ailleurs. On y voit Jean-Marie Dubois de Montreynaud pratiquant une broncoscopie au centre égional des cancéreux, le premier bus sonorisé, 48 familles rémoises enregistrant un message pour leurs enfants soldats appelés " en opération de maintien de l'ordre" en Algérie.

 

L'émetteur d'Hautvillers

 

La 23e foire organisée en 1956 à la Patte d'Oie a évidemment pour thème la télévision. On apprend qu'un méga émetteur va être créé à Hautvillers: un pylône de 100 tonnes culminant à 200 m de hauteur. 

 

Le premier salon de la télévision est organisé. Pour son émission Trente six chandelles " Jean Nohain provoque un " assaut "à " la Petite friande " . Henri Germain, le patron du stade est interrogé par Georges De Caunes.

 

Novembre 1959 le ministre de l'Information Roger Frey inaugure l'émetteur qui sera remplacé en avril 1992 par un nouveau pylône de 245 m de hauteur pour 45 MF. 

 

1965: un journal télé régionalAlors que depuis 1961, bien des rémois sont encore en attente de la 2e chaîne, le nouveau ministre de l'Information Roger Peyrefitte est là pour la première émission du journal télévisé Champagne-Ardenne annoncé par la speakrine Agnès Michaux. "L'antenne d'Hautvillers a lancé dans l'éther les images du premier journal télévisé " tone solennellement le Provinois. 

 

Commencé en 1967, le nouveau centre d'actualités télévisées champardenais est inauguré en 1969 au Moulin de la Housse. " Il aura fallu une dizaine d'années pour que la Champagne-Ardennes retrouve dans le journal télé le reflet de son visage. " Si " Le Schilmblic " enregistré à Reims amuse, une enquête menée pour l'Ifop est catégorique: 48% des télespectateurs estiment que la qualité des émissions télé baisse.

 

 

1984 Schneiter s'intéresse au câble

Septembre 1975, le Rémois Fernand Tavarès est nommé  rédacteur en chef de FR3, juillet 1979, TF1 passe en couleur. Les velleités de télévision locale font long feu. En municipalité, Jean-Louis Schneiter s'intéresse au câble dès 1984. Un protocole d'accord est signé en avril 1985 pour la création d'un réseau de vidéo-communication " qui ne sera pas financé par l'impôt." Deux ans plus tard une entreprise rémoise spécialisée dans les antennes " Tonna électronique " participe au projet de mise en orbite du satellite de télé directe TDF1.

L'équipe passionnée de Jacques Baudou (Cnat)transforme son festival du Polar mémorable depuis la venue de Peter Falk alias l'inspecteur Colombo" en Rencontres européennes de télévision. Avant d'élargir son plan sur des rencontres européennes de télévision qui mériteraient une plus grande affluence encore.

Décembre 1988 les habitants câblés du quartier des Châtillons peuvent recevoir 15 chaînes sur leur écran. Pourtant, des centaines de paraboles poussent sur les balcons des HLM car " les chaînes arabisantes sont interdites sur le câble." L'histoire de la télévision s'écrit encore. Et si les  chaînes locales n'émettent toujours pas, plusieurs Rémois créent et produisent de superbes films pour des émissions télé qui font référence comme "Thalassa " , " Montagne" etc. Il s'agit (entre autre d'Olivier et Marie-Noëlle Hennegrave, Jean-Marc Robert, Bernard Germain ou Gérard Rondeau.

Alain MOYAT

(Légendes photos: 14 novembre 1955, 19 h 30 les Rémois s'agglutinent chez les radio-électriciens

-Sur l'écran Catherine Langeais et le cuisinier Raymond Oliver)