5208 - hippodrome

Pour leurs loisirs, les rémois peuvent applaudir les footballeurs du stade, les coureurs automobiles du circuit de Gueux. En juillet 1952, ils inaugurent un magnifique hippodrome.

Dimanche 20 juillet 1952.-" Elle est vite et sans défaut." Vainqueur sur " Charmion " du prix de l'union  (31 partants)doté d'une enveloppe de 500 000F, vainqueur juste avant du prix de la veuve Olry Roederer quelques minutes auparavant, le driver parisien Céran Maillard ne tarit pas d'éloge sur la qualité du superbe hippodrome de Reims-Bezannes qui accueille près de 15 000 Rémois pour son inauguration.  Marseillaise " , " Brabançonne " précédent la coupure du ruban tricolore. L'ancien aérodrome sanitaire proche de l'hôpital Maison-Blanche est méconnaissable. Comme promis, les experts ont accompli un miracle.  L'hippodrome a une piste en herbe de 1 200 m et sa piste en cendré de 1 000m, du très rare à l'époque, une nouvelle piste aussi rapide que celle de Milan: la RÉFÉRENCE. 

Cinquante mètres de tribune, des boxes pour 60 à 70 chevaux, 22 guichets Paris-Mutuel, un parc pour accueillir 2 000 voitures dont un max de 4 CV, (la coqueluche des Rémois), le rendez-vous, sous le soleil, est à la hauteur des promesses faites par les initiateurs du projet. Les piétons n'ont pas été oubliés non plus puisque deux lignes de bus ont été déviés sur l'hippodrome. Un pavillon du champagne appelle même le public à se désaltérer.Le prix du colonel Evain, épreuve de steeple chase cross country militaire remportée par le Maréchal des Logis Rambaud sur Colinette III " donne l'occasion au speaker Robert Sirault de détailler les obstacles aux noms étranges pour bien des béotiens rémois: bull finch, open ditch etc. 

Un projet colossal

Le montage opéré grâce à l'Office de la Prospérité s'appuie sur la constitution d'une Société des courses présidée par le Prince Louis de Polignac et une société fermière placée sous la responsabilité de René Lemaître. Un programme de 100 millions de centimes est prévu sur cinq ans. Si le conseil municipal a avancé 8 millions de francs, le maire Roger Jardelle tient à s'affranchir: <Il s'agit d'un prêt, rien qu'un prêt. Cela ne coûtera rien aux contribuables. >Le ministre et député Pierre Schneiter félicitent la performance des organisateurs: " Vous avez vous aussi votre soleil d'Austerlitz. Vous avez vaincu. Vous avez réussi cette gageure de faire sortir du sol d'un coup de baguette magique un champ de course avec ses techniciens, ses chevaux et un bon terrain." Quatre ans plus tard une nouvelle piste en tuf compact/mâchefer et sable était inauguré le lundi de Pentecôte. Le 30 juillet 1956 la piste avait les honneurs d'un passionné de courses: le prince Ali Khan en personne.

 Le 5 février 1970, le sénateur Marcel Lemaire succédait à René Lemaître. La même année le fameux " Tidalium Pelo" remportait le prix de la ville de Reims. En pulvérisant le record de la piste ainsi que celui du montant des Paris mutuel avec 290 000F.

 En 1976, l'hippodrome subit une nouvelle cure de jeunesse. Plus de 100.000 tonnes de terres sont déplacées, un tunnel est creusé sous les pistes,  les équipements améliorés. En août 1982,  25 tonnes de charpentes métalliques permettent de couvrir les tribunes. Désormais aussi les parieurs ne seront plus aux quatre vents. Ils ont un local couvert aussi. Pour avoir du public, il faut améliorer, animer. Une tâche à laquelle les présidentssuccessifs MM Ayala, Gondé, le colonel de Lestang, Feck, Collard etc, vont s'attacher, une épée de Damoclès au-dessus de la tête. 

Réfection des éclairages et des clôtures, couverture des tribunes, la société doit sauter bien des obstacles pour rentabiliser tous ces investissements. Concurrencées par les tickets " Grattez, c'est gagner " de la Française des jeux, les courses hippiques ne déplacent plus autant les foules. L'hippodrome occupé 60 heures par an sait qu'il doit s'ouvrir à d'autres manifestations, associations.  

(Légende: Une belle image de course dans les années cinquante.)

 

2015: Un nouvel hippodrome 

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(Article paru sur le site internet de l'Union en  2015)

Le 15 mars, l'hippodrome de Reims rouvre ses portes au public après un an et demi de travaux. Esthétiques, modernes et fonctionnels, les nouveaux équipements permettent de profiter pleinement d'un spectacle qui reste unique en son genre. Pour l'occasion, l'entrée est  gratuite. 

Conçu par l'architecte Claude Penloup, spécialiste du sujet, le nouveau bâtiment s'élance fièrement au milieu du quartier Croix-Rouge.

«C'est l'un des très rares champs de courses situés en plein cœur d'une ville», souligne Gilles Jeziorski, Président de la Société des courses, pour lequel cette réouverture revêt une saveur toute particulière. 

 

Egalement Président de la Fédération de l'Est, du Conseil régional du trot et membre du conseil d'administration de la Fédération Nationale des Courses Françaises, ce fin connaisseur du monde hippique entretient en effet un rapport très particulier avec l'hippodrome rémois. «J'y ai résidé lorsque j'étais enfant, dans les années 70, car mon père était entraîneur professionnel. Et si les travaux de démolition et de reconstruction ont débuté à l'automne 2013, la réflexion a commencé plus de 10 ans auparavant».

 

 

 

Une reconstruction nécessaire 

 

Edifié en 1973 , l'ancien hippodrome présentait dès 2005 des signes de vétusté qui le rendait incompatible avec une rénovation. De plus, sa conception ne correspondait plus aux attentes du public, avec des gradins spartiates, une salle des paris reléguée sous les gradins et sans vue sur la piste, et une absence totale d'accès handicapés. 

 

En juin 2013, la Ville de Reims accepte de signer un bail emphytéotique de 30 ans à la Société des courses. Une étape décisive, car elle permet la démolition des anciennes structures et le lancement du chantier de construction. Coût de l'opération : 4 millions d'euros. 

 

 

 

Un spectacle pour tous

 

Le cahier des charges du nouvel hippodrome peut se résumer en deux mots    : confort et visibilité. «Nous avons soigné tout ce qui concerne l'accueil du public au sens large», précise  Gilles Jeziorski. «Car les courses hippiques constituent d'abord un spectacle».

 

Dans le détail, de nouvelles lices blanches entourent la piste d'une longueur de 1200 mètres, dont le sol en mâchefer a été remplacé par du sable. Les nouvelles tribunes peuvent accueillir 1000 personnes. 

 

 

 

Vue imprenable sur les courses

 

«L'hippodrome de Reims est désormais l'un des seuls à offrir un hall des paris avec vue imprenable sur les courses, à côté d' un bar-restaurant panoramique de 150 couverts et de salles VIP pour nos partenaires et les propriétaires. L'ensemble des équipements a été mis aux normes d'accessibilité. 4 ascenseurs ont été installés. 3 étages sont réservés aux commissaires de courses, aux techniciens et aux équipes de télévision. Au rez-de-chaussée, on trouve les bureaux, une régie HD, la salle de pesée, et les vestiaires des drivers, des jockeys et des cavalières».

 

Côté écuries, 44 boxes et une cinquantaine de stalles ont été remis à neuf. Les sols des parties accessibles au public ont quant à eux été macadamisés. 

 

A noter enfin que le prix d'entrée reste inchangé par rapport à 2013 (2, 50 € en période basse, 5 € d'avril à septembre). Le 15 mars, l'accès sera même gratuit, pour le coup d'envoi d'une saison au programme très riche. 

 

 

 

Une tradition rémoise

 

«De la 2ème moitié du 19ème siècle à la 1ère guerre mondiale, beaucoup de courses étaient organisées dans le Nord-Est de la France», raconte Gilles Jeziorski. «Les garnisons étaient nombreuses, notamment la cavalerie. Pour se distraire, les militaires se lançaient souvent des défis, ce qui a donné naissance aux paris sur les chevaux. A Reims, la 1ère compétition remonte à 1887, mais jusqu'en 1914, le plus important site hippique champardennais se trouvait à Oiry, près d'Epernay».

Il faudra attendre 1953 pour que la Cité des sacres se dote d'un hippodrome digne de son statut de capitale régionale. Sa piste en herbe accueille alors des courses de trot, de plat et d'obstacles. En 1973, un nouveau bâtiment est inauguré. L'hippodrome rémois est l'un des premiers à créer des courses en nocturne, grâce à l'électrification des pistes, toujours d'actualité.

 

  

Un budget de 4 millions

Sur les 4 millions d'euros nécessaires à la reconstruction de l'hippodrome, seuls 100 000 euros proviennent d'une subvention accordée par le Conseil général de la Marne. 

La Fédération Nationale des Courses Françaises a quant à elle versé 1 million 250 000 euros. La Société des courses rémoise a financé le reste, avec un emprunt de 2 millions et ses fonds propres. 

 

6ème hippodrome de France pour l'organisation de réunions premium, Reims réalise chaque année un chiffre d'affaires de 53 millions d'euros sur les courses nationales, et 700 000 euros sont collectés sur l'hippodrome.