8804 - forains

Décembre 1988.-Parfaitement organisés, dès 4 h 15 du matin, les forains bloquent avec une soixantaine de camions tous les axes de circulation du centre ville, même l'entrée de l'A4 en bas du Bd Roederer. D'autres occupent de force la Place du Boulingrin. C'est la réponse des forains, pas contents, à l'ultimatum du maire Jean Falala qui leur a  bien dit en novembre : " La foire aura lieu chaussée Bocquaine, où elle n'aura pas lieu." Les forces de l'ordre sont dépassées. Les automobilistes sont paralysés dans les bouchons. Le maire se fâche. Il est prêt à l'épreuve de force.

Prêt à débloquer 700.000F(10.672€)  pour louer du matériel de levage et faire partir les intrus. " Le comportement des forains est innaceptable. L'abandon de l'Etat est inadmissible. Le droit est bafoué, la sécurité compromise. " Les commerçants font écho: " C'est intolérable. " Le préfet Bonnet temporise, ne souhaite pas " faire usage de la force dans un climat de fête de Noël. " Les pneus brûlent au Boulingrin. 

Il faudra une médiation de près de deux jours en préfecture pour que les forains acceptent de lever le siège. Ils ont gagné. Ils occupent " à titre exceptionnel " le Boulingrin et les Hautes Promenades et mettent leurs caravanes chaussée Bocquaine. Contrainte et forcée, la mairie qui était prête à offrir gratuitement l'emplacement chaussée Bocquaine ainsi que les embranchements électriques (un cadeau de 1,3MF)(198.200€)) n'apprécie pas. Jean-Louis Schneiter regrette que l'Etat ait finalement "cédé au chantage et à la force"  alors que les forains s'étaient pourtant engagés à aller chaussée Bocquaine. Depuis la fermeture des halles promise à la destruction, trois marchés hebdomadaires ont lieu juste à cìté.

 Les forains sont catégoriques. Depuis que Jack Lang a lancé une procédure de classement pour les Halles, l'accord, pour eux,  est caduc. Et puis d'ailleurs le parking de la chaussée Bocquaine n'est pas équipé pour les accueillir confortablement.

En 1989, le charme de Gabrielle Nguyen se heurte au même refus. L'adjointe chargée de la communication présente pourtant une hotte pleine de cadeaux: un sapin de 17 m, des animations pour les enfants, des tickets gratuits, des navettes de bus." Nous n'irons pas à Bocquaine. La véritable fête, nous la faisons sur les promenades depuis 200 ans. " Depuis, plus de 2 MF ont été investis à Bocquaine. Les forains font toujours la fàte au centre-ville, protestant même de temps en temps "contre la ville qui ne les aide pas. "

Des précédents

L'opposition municipale n'exploite pas l'incident. Et pour cause, en 1981, Claude Lamblin et Michel Delaître ont failli connaître les mêmes déboires. A l'époque, la municipalité avait interdit au forains de s'installer sur une longueur de 300m  face au Bd Foch et de stationner leurs caravanes derrières les boutiques. La réplique des forains et de M.Evrard accusant la ville d'être "antisociale"  avait été vive: " la ville veut nous mettre au pain sec en cette période de de chômage. " Une forte délégation de forains s'est déplacée à l'hôtel de ville. Après quelques vives discussions, Michel Delaître est revenu sur la décision municipale. 

La force des forains avait déjà primé sur le droit.