(légende photo: Un an plus tôt, une foule considérable défila derrière d'immense portrait de Pierre Maître)

5 juin 1978. Georges Séguy, secrétaire de la CGT et le maire  communiste Claude Lamblin, entourés d'un millier de salariés sont  émus. Le premier vient de dévoiler une stèle érigée sur le domaine public devant les Verreries Mécaniques Champenoises. On peut lire: 

"Le 5 juin 1977 est tombé Pierre Maître, militant de la CGT,  assassiné par un commando fasciste alors qu'il luttait pour la  liberté et le progrès social." Le second découvre sur une ancienne  partie de la rue Ernest Renan comprise entre le Boulevard  Charles-Arnould et la rue de Saint-Brice une plaque de rue: " Rue  Pierre Maître militant syndicaliste assassiné le 5 juin 1977." Un  an après, la douleur de la classe ouvrière est toujours aussi  vive. Gravés dans leur mémoire, tous revoient le film d'un  événement tragique.

Juin 1977: Le mouvement de grève déclenché aux VMC tourne mal.  Déjà des heurts assez violents qui ont opposé les grévistes aux  forces de l'ordre ont fait huit blessés. Dans la nuit du 4 au 5  juin, surgissant de la nuit à bord d'une GS, cinq hommes font  irruption devant l'usine. Deux canons de 22 long rifle crachent  dix projectiles. Trois ouvriers s'écroulent. Pierre Maître, 31  ans, jeune pére de famille, ne se relèvera pas. Mort. Tué sur le coup  d'une balle en pleine tête. Si Raymond Richard s'en sort pas trop mal, son collégue Serge Vermeulen devra rester plusieurs mois à  l'hôpital. L'enquête vite et bien menée aboutit à l'arrestation de  cinq personnes, adhérentes ou proches du syndicat patronal CFT et  du SAC. Plus de 12 000 personnes, profondément choquées défileront  en ville derrière d'immense portrait de Pierre Maître. 

Le 5 juin devait rester " la journée de défense et des libertés  syndicales." Qu'en reste t-il?

Alain MOYAT