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1973.-La qualité de l'eau potable est en partie liée à celle de la rivière et ses abords. Si Reims n'a pas été établie sur les berges  d'un grand fleuve, -on ne refait pas l'histoire-, les élus ont compris qu'il fallait absolument protéger la Vesle. La constitution du syndicat mixte de la vallée de la Vesle en 1969 avait scellé la véritable première prise de conscience de la nécessité de protéger le cours d'eau et ses abords. Mais il n'y avait pas eu de véritable électrochoc. La Vesle, rivière de 2e catégorie (1) toujours capricieuse reste fragile avec des débits pouvant aller à 35 m3/heure en période d'orage et 0,5 m3 certains été. Eaux usées, rejets industriels, résidus de traitements agricoles, eaux pluviales chargées de pollution, prélèvements abusifs continuent à menacer, à tuer la rivière.

 La création en 1973 du Syndicat mixte intercommunal d'aménagement du bassin de la Vesle, fort cette fois de trente communes marnaises supplémentaires puis en novembre 1980 de l'arrivée de 14 communes de l'Aisne,  permet d'entamer et de mener à bout d'importants travaux d'entretien du lit et des berges de la Vesle avec le concours de l'Agence de bassin et des collectivités territoriales. Grâce à l'usine hydro-électrique de Condé-sur-Marne, on pompe aussi de l'eau de la Marne pour augmenter le débit de la Vesle. 

Parallèlement, le syndicat lance une campagne d'information et une exposition sur le thème :"Pour que la Vesle redevienne propre". insiste pour expliquer la réussite du projet " nécessite l'effort de tous" . Pas si facile.

La Vesle toujours sensible 

Une rivière Vesle rouge sang un certain Lundi de Pâques (1984); un cours d'eau victime de sels de métaux en 1985 au point qu'on recommande aux habitants de ne surtout pas consommer de poissons; la présence d'une quantité importante d'hydrocarbure sur l'eau au niveau du Bois d'Amour (1986): le message  n'est pas facile à faire passer. 

Reste qu'en mars 1988 un bilan est établi. En quinze ans,  après avoir dépensé  30 MF (4,57M€), ce sont 1,2 millions de m3 de boues qui ont été extraits de la rivière. Mais l'équilibre de la Vesle demeure toujours  sensible. Si l'année 1990 commence bien avec l'organisation pour la première fois en ville d'une pêche à la truite, la période estivale est marquée par une polémique. Il fait chaud. La rivière a soif. En août elle baisse en quelques jours de 30 à 50 cm. les agriculteurs sont mis en cause. Alors qu'ils avaient une autorisation préfectorale jusqu'au 14 juillet pour puiser de l'eau dans la rivière et arroser pommes de terre et oignons, ils ont continué au delà de cette date.

Les mois, les années passent avec leurs lots de pollutions. Novembre 1991: de Fléchambault à Bienfait gardons, perches, vandoises et chevesnes sont anéantis; juin 1993 présence de gasoil et de détergeant à la hauteur de la rue Roseraie. Des canards meurent sur les berges. Et comme souvent, il semble toujours difficile d'obtenir, du moins officiellement le nom des responsables!

 Tout celà ne rebute pas les tireurs professionnels de fouillis qui jouent la ruée sur l'or... rouge, engoncés dans de hautes cuissardes. 1996 : Coup de gueule efficace de Jacques Roulance qui proteste au nom du syndicat des pêcheurs contre le rejet des eaux usées des caravaniers stationnés sur le parking Léo-Lagrange.

470 MF (71,6M€) pour mettre aux normes la station d'épuration

Mais le Siabave n'oublie pas non plus l'un de ses principaux objectifs: établir une programation générale d'épuration des eaux usées avant leur rejet dans la Vesle.

 Obéissant aux directives européennes et à la loi sur l'eau, c'est dans cet esprit que le district urbain de Reims décide la mise aux normes de sa station d'épuration. Retardé par plusieurs recours au Tribunal administratif qui n'aboutiront pas, l'Etat se voyant même finalement condamné, le dossier est bouclé fin 1999. Pour un montant de 470 MF TTC (71,64M€) la station bénéficiant d'un bassin de 85 000m3 et de six ouvrages de décantation de 50 m de diamètre passera en 2003 de 350 000 équivalent-habitant à 470 000. Pour rejeter en aval de Reims une eau sans azote et sans phosphate. Reste à inciter toutes les communes en amont à adopter la même rigueur. Le pari n'est pas complètement gagné.

Pour la direction de l'eau du district de Reims qui gère 560 km de réseau et sert 35.000 abonnés, la mission continue. Avec depuis avril 2000 une belle récompense. Elle est désormais certifiée Iso 9002. C'est la première fois qu'une collectivité reçoit cette certification, preuve de la qualité de ses activités de production, de distribution d'eau et de services aux clients.

Alain MOYAT

(1)Elle est classée en 1ère catégorie sur quelques petites parties de ses 170 kilomètres

La marie-salope au secours du cloaque

 18 septembre 1953.-Avec son puissant godet, la marie-salope a commencé la toilette de la Vesle  devenue au fil des ans un véritable cloaque.  Il faut dire que ce n'est pas du luxe. Le curage des égouts de la petite rivière  capricieuse  n'a pas été fait depuis vingt ans. Et l 'enjeu est capital : la qualité de l'eau potable distribuée aux habitants est est en partie liée à  celle de la rivière qui reçoit tous les immondices des communes en amont et et une bonne partie des eaux usées des Rémois.  Car le tout à l'égout n'est pas encore obligatoire et il faudra encore attendre dix ans pour qu'il le devienne. A l'époque les eaux usées  répandues sur un champ d'épandage des Eaux-Vannes étaient naturelllement filtrées dans le sol avant de repartir à la rivière. 

 Un crédit de 12 MF est débloqué pour tenter de dompter le cours d'eau à l'équilibre fragile caractérisé par un très important étiage l'été et d'abondantes crues l'hiver qui inondent bien des jardins entre le pont de Cormontreuil et les marais de la rue Ledru-Rollin. C'est décidé: la Vesle va subir une cure de jouvence depuis les bains des Trois rivières, haut lieu de la natation amateur et rachetés en 1955 par la ville jusqu'au  moulin de l'archevêque à Saint-Brice-Courcelles. La rivière brûlée (1)transformée pour 33 MF en canalisation fluviale fait les frais de cette opération Vesle propre. Parallèlement la ville envisage  des travaux de captage à Puilsieux pour " donner 500 litres d'eau à chaque habitant" car il n'est pas rare encore que les Rémois situés à plus de 2 kilomètres du réservoir soient privés d'eau l'été. Fort gênant  car en 1962,  l'eau reste encore le frigo du pauvre.

Régulièrement la Vesle est faucardée mais elle demeure  sale et déborde toujours.  Et si on trouve encore parmi les 20 000 adhérents au syndicat de Reims quelques pêcheurs nostalgiques de la pêche à l'anguille  ou à l'écrevisse devenues aussi rares que des pépites d'or pour apprécier les charmes du cours d'eau; si l'impressionniste Paul Bocquet arrive dans un camaïeu de bleu à vanter les charmes de la Vesle et de ses bouleaux à proximité du Bois d'amour, la rivière se meurt bien à petit feu.

Un égoût à ciel ouvert 

La première station d'épuration voit le jour (1963). Pas suffisant pour calmer les effets pervers de l'urbanisation, les nouveaux modes culturaux de la vigne et les défrichements incontrôlés qui envoient dans la Vesle leurs trop plein d'eaux usées, d'engrais, de pesticides (DDT),  de nitrates, d'hydrocarbures et autres polluants.

Des élus s'inquiètent. Constitué par les représentants des six communes du district auxquelles se sont joints des élus de six communes en amont de la rivière naît en 1969 le SI.VA.VE, le Syndicat mixte de la Vallée de la Vesle. Objectif: mettre en valeur et protéger quantitativement et qualitativement les ressources en eau de la vallée de la Vesle.  Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres. 

En avril 1971 le syndicat des pêcheurs engage une lutte ferme contre la pollution des cours d'eau. Un comité contre la pollution voit le jour en 1972.  Odeur pestilentielle, mousse blanche et moustiques : " En aval de Reims la Vesle est une rivière morte à cause de la civilisation du pneu et du plastique" peut-on lire dans l'union.  

Du garmoran déversé accidentellement dans la Vesle par la Providence Agricole transforme la rivière en sang. Quelques semaines plus tard, hasard du calendrier, est créé le S.I A.BA.VE (syndicat mixte intercommunal d'aménagement du bassin de la Vesle).

Alain MOYAT

(1)appelée ainsi parce qu'à l'endroit où la Vesle coupe la rue du colonel Fabien brûla un moulin

Les Bains des trois rivières:

Durant 83 ans un paradis populaire 

 

7207 - 3 rivières 2

Il n'est pas si vieux le temps où les Rémois apprenaient à nager dans la Vesle. Ainsi, de 1 882 à 1965, bon nombre d'enfants accrochés par une brassière à une potence métallique ou agrippés à une bonne grosse chambre à air y essuyèrent leurs premières tasses avant de nager comme des tritons. Leur lieu d'apprentissage s'appelait les  " Bains des trois rivières"  , juste en aval du Pont Huon,  des bains froids gérés d'abord par la Compagnie des sauveteurs de Reims puis à partir de 1955 par la ville;  le  royaume de la dynastie Labbe,  Edouard puis Léopold, dit " Popol" , maîtres-nageurs de père en fils. 

Bordés de palplanches en chêne jusqu'en 1956 puis d'un quai de béton les bassins d'eaux claires sur fond de grève approchaient les 100 mètres. Le grand bassin de  2, 20m de profondeur maxi fermé avec des vannes et bénéficiant d'un plongeoir se prolongeait en pente douce sur 70 mètres. Entre les deux bras de Vesle, depuis une presqu'île aménagée, une barrière prolongeait l' île en constituant un petit bain pour les tout gosses. Pour se déshabiller, 73 cabines côté canal où les gosses, les familles empilaient leurs habits avant plus tard la construction de bâtiments en dur. Une vraie plage urbaine où il n'était pas rare l'été de compter plus d'un millier de personnes.

Entouré d'arbres, d'une piste athlétique en cendrée et de terrains de basket  l'ensemble constituait un lieu idéal pour s'amuser, nager beaucoup et se remettre en forme. L'occupant allemand ne s'y s'était pas trompé qui avait réquisitionné le site pour le repos du guerrier...

Une eau à 16 degrés

Apprentissage de la natation au milieu des nénuphars, du sauvetage avec un mannequin en zinc, découverte du tennis-ball, une sorte de volley à deux dans l'eau, les bains qui n'étaient accessibles qu'à partir du moment où il affichaient seize degrés étaient aussi appréciés des pêcheurs. les petits y attrapaient des alevins dans un bocal; les plus grands, dit-on y trouvaient des anguilles, du brochet et des écrevisses. Le boxeur Marcel Thil quant à lui y cherchait un peu plus loin des vers de vase.  Car les plus belles choses ont une fin. En 1965, les services d'hygiène de la ville fermait les bains  pour cause de pollution. Ils ne devaient jamais rouvrir.

A.M.

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(1)sur le troisième bras a été creusé le canal.

2 pièces

51RE#NCB#3TROISRIVIERES

baigneurs 1912

christine 1964

maître-nageur sur la passerelle