1978.- Sur le terrain comme dans leur comptabilité  les rouge et blanc s’enfonçent un peu plus encore.  Le Stade de Reims est  déclaré en état de cessation de paiement en juin 1978 , mais  il a l’autorisation de continuer son activité.

1978 STADE2 - copie

Derniers de D1 les Rémois  retrouvent en 1979 la deuxième division où ils ont des résultats en dents de scie. Mars 1981: "Seul un miracle peut sauver le club"  déclare le syndic Me Morange. " Le groupement et la Fédération française de football doivent prendre leur responsabilité" répond le maire communiste Claude Lamblin. "la ville a garanti 4,5MF et le syndic en deux ans a permis un déficit de 750 000F. (114.346€) "

C’est dans ce contexte que trois mois plus tard le club célèbre son cinquantième anniversaire.  Sous une pluie battante.On sourit jaune. Comme les Canaris qui battent ce soir là le Stade par 5 buts à 3 devant 7 850 spectateurs. 

Changement de municipalité en 1983.  L’inconditionnel soutien de l’équipe municipale conduite par Jean Falala ne va pourtant pas permettre de rétablir une situation qui va ne faire qu’empirer.

Subventions, garanties d’emprunt, en 7 ans, de 1983 à 1990 la ville va multiplier par quatre ses engagements envers le stade qui va même emprunter 23 MF (3,5M€)  en 1983: 13MF à la Caisse d’Epargne, 10MF au Crédit commercial de France. Le Stade de Reims Champagne , nouvelle appellation depuis 1984 ne mousse plus à force d’avoir voulu trop pétillé. " Salaires exorbitants, gestion fantaisiste, irréalisme financier, mauvais résultats sportifs" commente la presse. Le club doit déposer son bilan. La ville qui a cautionné les emprunts à 100%, contrairement à la loi Galland qui les limitait à 50% décide de s’acquitter de la dette en récupérant chaque année 4MF (610.000€) sur la subvention au club. 

Mauvaise gestion:  relégué en D3

Les années qui passent ne voient guère d’amélioration. Le passif s'accroît sans qu'on sache exactement à combien il s'élève vraiment. Mais le couperet tombe en juin 1990. L'équipe est condamnée par la ligue " pour mauvaise gestion."  Elle doit retourner chez les amateurs. Elle perd son statut pro. On parle d'un passif de 41 millions de francs (6,25M€) et de salaires qui n'ont pas été versés depuis avril.

L'espoir renaît un mois plus tard avec l'arrivée d'un repreneur miracle: Gérard Migneaux, vite surnommé " Zorro" par les médias. Il promet de verser 8MF (1,21M€) par an durant trois ans. Il congédie l'entraîneur Jacky Lemée. Le remplace par Didier Notheaux. " Afin de ne pas laisser mourir le stade" , la ville accepte de payer une dette de 5,3MF . Le parti socialiste exprime son mécontentement et sort un carton jaune.

Les événements s'accélèrent... Serge Bazelaire porte plainte contre Migneaux pour " escroquerie" . De son côté, après Toulon, et Bordeaux, le ministre socialiste Michel Charasse envoie les agents du fisc " vérifier le stade de Reims et son entourage."  Il invite aussi l'administration à " enquêter sur les comptes bancaires et patrimoniaux de Bazelaire aux commandes du stade depuis 1977."  Surveillé comme le lait sur le feu le Stade est maintenu en DII.

1991: Tous les amis des rouge et blanc portent le deuil suite au décès du" père du grand stade"  Henri Germain. Serge Bazelaire cède son siège de président à Robert Ravillon. En réunion de conseil municipal François Letgus et Christine Michel brandissent le carton rouge, critiquent " l'incohérence municipale" . Ils accusent: Ils regrettent " le manque de moyens pour le sport amateur et les scolaires."

En juin, c'est la consternation. La direction nationale de contrôle de gestion fait tomber son couperet: 

Le tribunal de grande instance constate la cessation de paiement. Ravillon qui ne veut pas croire à une dissolution du club demande une procédure de redressement judiciaire. Tusseau qui a remplacé Notheaux est licencié. Il cède sa place d'entraîneur à Philippon. Au même moment le microcosme sportif rémois ne lanque pas d'être tourneboulé. le Reims Champagne basket et le hockey-club connaissent à leur tour de terribles difficultés financières. Il est question aussi de redressement judiciaire.

Octobre 1991: la liquidation

2 octobre 1991: ce que chacun redoutait arrive: le Stade est décla ré en état de liquidation. " Le passif depuis 1976 est de 50 MF."  Le Stade de Reims n'existe plus. " Si vous jouez, c'est à vos risques et péril" explique aux joueurs Me Deltour, syndic. Des chiffres circulent qui ne sont guère contestés en ville: "De 1983 à 1992 la ville de Reims a dépensé en subventions, lignes de crédits et annuités d'emprunts plus de 37MF  (5,6M€)pour le stade."  Jean Falala dénonce " le manque de soutien du département et de la région, l'absence de sponsors." La ville principal créancier du stade s'engage à rembourser 23,6MF . Une dette qui sera finie de payer en 2002 et qui explique sans doute  pourquoi la collectivité, compte tenu aussi du niveau auquel évoluait l'équipe, n'a pu investir plus tôt dans la réfection du stade Delaune.

Nouvelle rechute en mai 1992

Sous l'impulsion du volontaire  Jacques Dham le stade renaît quelques semaines plus tard sous l'appellation " Stade de Reims champagne football -club."  Mais l'héritage est trop lourd. " Vu la situation économique, les gens n'ont pas le sou et un passif psychologique que nous n'avons pas réussi à effacer" le club est à nouveau déclaré en état de liquidation par le tribunal de grande instance le 11 mai 1992, le même jour que le Reims champagne basket qui accuse de son côté 18MF de passif.

1992 STADE

Cinm mois plus tard les trophées du Stade sont vendus aux enchères: 230 coupes et 200 fanions brodés, les albums photos etc. Sur les rangs, la ville, la Caisse d'Epargne et Jacquart se font coiffer par le lunetier Alain Afflelou qui rafle le tout pour 700 000F (107.000€) (Il les offrira finalement  au club en novembre 1996). 

Une nouvelle fois moribond, le Stade parviendra une fois encore à refaire surface grâce à quelques joueurs et dirigeants  au coeur rouge et blanc .

Alain MOYAT

Un peu d'histoire: 1960-1978: le stade fait l’ascenseur

 

 

1978 STADE

Sason 1976-1977: l'ossature de l'équipe du Stade était composée de Aubour, Masclaux, Durand, Laraignée,

Martinot, Shaller, Ravier, Simon, Santamaria, Bianchi, Bonnec, Ducing.

Champion de France  de Division I en 1959 avec 60 points: un record; ,  le Stade de Reims qui récidive l'année suivante a vécu ses plus belles années . Il n’impressionne plus ses adversaires. Le grand Reims a définitivement vécu. 

 

Il passe de la deuxième place du championnat en 1962 à la 17ème un an plus tard.  Il est relégué en Division II. Durant dix ans, il n’arrivera plus à s’en remettre totalement. Ni la victoire en  coupe  Mohamed V en 1964, ni une première place en championnat de D II en 1965 ne permettent aux Rouge et blanc de retrouver le haut de l’affiche. Conseiller municipal, Jean Falala a un pressentiment: " Joueurs et dirigeants doivent désormais dire que leur carrière et l’avenir même du stade sont en jeu."  En 1966, le Stade fait l’ascenseur pour se retrouver l’année suivante en D II, jusqu’en 1969. Par un heureux coup de chance: un repêchage sur tapis vert, avec Valenciennes, le stade peut retrouver  la DI et le président Germain.

 

7 années de demi bonheur 

 

Le stade en a t-il fini avec ses malheurs? Tout le monde ose le croire. Il se  prend même à rêver après un petit coup de pouce municipal:

 

-1972: il atteint les demi finales de la coupe de France et s’incline devant 25. 000 spectateurs contre un grand Marseille où évoluent  Skoblar et Magnusson; 

 

-1973: Le club peut compter sur Georges Lech  et surtout sur l’arrivée de  Carlos Bianchi qui  fait trembler les filets. L'argentin désigné cinq fois meilleur buteur du championnat de 1973 à 1979, deux fois soulier d'or européen est surnmmé le " goléador" .

 

-1974: il échoue une nouvelle fois en demi finale de la Coupe de France, contre Saint-Etienne cette fois. Serge Bazelaire est désormais président du club. Deux Rémois: Jodard et Richard sont sélectionnés en équipe de France.

 

Le brouillard qui provoque l’annulation du match Reims-Lille en janvier 1976 marque le début d’une période de turbulences de plus en plus soutenues et graves pour le stade de Reims. Léon Desménez démissionne. Les difficultés financières s’affichent au grand jour. Les malheurs d’une tournée en Afrique au cours de laquelle les rouge et blanc auraient été victimes d’une arnaque n’expliquent pas tout.  

 

Plusieurs joueurs partent, d’autres sont licenciés. Le moral n’est pas au beau fixe. La finale de coupe de France perdue contre Saint-Etienne est l’arbre qui cache une forêt de problèmes. 

A.M.