5409 - cabu1954.-Le trait manque encore de fermeté, mais le dessin daté et la signature J Kbu qu'ils découvrent depuis la fin de l'année 1953 ne manquent pas de faire sourire ou de provoquer l'ire des lecteurs rémois de l'union. Découverte humoristique des Champenois en vendanges, des supporters du stade, des touristes en visite à Reims;  clin d'oeil sur la polémique opposant les " fontanistes" aux "antifontainistes" , c'est à dire ceux qui veulent conserver la fontaine Subé et ceux qui veulent la détruire; à15 ans, le châlonnais Jean Cabut s'amuse comme un fou avec ses dessins noir et blanc.

Son père Marcel, professeur à l'école Nationale des Arts et Métiers peint tout en douceur, le dimanche, un peu à  la façon du

peintre Hamilton. J Kbu abandonnant l'aquarelle préfère le trait qui tue.   J Kbu : la signature déjà est un clin d'oeil pour celui qui prêtera son talent pour  illustrer plus tard la campagne anti alcoolique lancée par le le Comité d'éducation pour la Santé.

L'étudiant illustre plusieurs centaines de reportages, travaille la caricature  pour les bureaux de Châlons-sur-Marne avec Jean-Loup Lafond, Epernay et  Reims. Le ministère des Armées l'arrête dans son élan qui lui octroie un séjour gratuit de 27 mois en Algérie en 1958. Dans le djébel, l'appelé prend même le temps d'envoyer un dessin de "Duduche" au journal. La passion on vous dit.  "l'union m'a bien aidé " rappelle régulièrement celui qui signe désormais Cabu. "Surtout Jean-Marie Boëglin qui a passé mes premiers dessins."

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Le soldat Cabut envoyé en Algérie pense encore à l'union et dessine dans le djebel un personnage qui ressemble fort à Duduche

Découverte à Paris de "Hara Kiri" en 1969, de "Charlie Hebdo "succès sur le petit écran avec , "L'invité du jeudi " etc, Cabu pourra encore remercier l'union au début des années 1980 quand le directeur Roger Fressoz, directeur du " Canard Enchaîné " , ancien pigiste de l'union lui ouvrira les portes du plus grand journal satirique français.

Alain MOYAT